Les centrales syndicales courtisent le pouvoir – N’DJAMENA BI-HEBDO N° 947 du 5 au 10 mai 2006

Les militants de l’Union des syndicats du Tchad (Ust) et ceux de la Confédération libre des travailleurs du Tchad (Cltt) ont commémoré, respectivement au Stade Idriss Mahamat Ouya et à la place de l’Indépendance, la journée mondiale des travailleur au cours de laquelle deux cahiers de doléances ont été adressés au gouvernement.

A l’occasion de la fête des travailleurs de ce 1er mai, les centrales syndicales tchadiennes n’ont pas dérogé à la règle selon laquelle la charité bien ordonnée commence par soi. Ainsi, au premier point de ses 21 doléances adressées au gouvernement, la Cltt a demandé la réhabilitation de son président, Brahim Ben Seid, « licencié arbitrairement par le directeur de la Cnps (Caisse nationale de prévoyance sociale) ». En outre, elle exige du gouvernement le renouvellement du Collège de contrôle et de surveillance des ressources pétrolières, pour y entrer. La situation sociale des responsables des centrales prime. Comme pour la rejoindre, l’Ust sollicite en 18eme point de ses 23 revendications, de « réhabiliter et indemniser entièrement les responsables de l’Ust licenciés pour fait de grève ».

Une autre similitude des deux cahiers de doléances, c’est l’augmentation des salaires des travailleurs. La Cltt amuse la galerie en sollicitant une « augmentation de salaires de 50% de l’ensemble des travailleurs tchadiens, compte tenu des conditions de vie précaire dans les quels ils végètent ». La centrale de Brahim ben Seid n’indique aucunement quand cette augmentation doit prendre effet. Une revendication irréaliste lorsqu’on sait que le président de la République a proféré des menaces contre l’Ust pour sa demande d’augmentation des salaires des fonctionnaires de 5%. A cette occasion, IDI leur a signifié que si une augmentation de salaire pourrait advenir, c’est au collectif budgétaire de juin prochain d’en décider. Qu’à cela ne tienne, L’Ust et la Cltt se rejoignent pour demander le paiement régulier des salaires, des pensions et des bourses. En effet, les arriérés de salaire, des pensions de retraite et des bourses restent d’actualité sur l’ensemble du territoire. Sur un autre point, la Cltt et l’Ust exigent du gouvernement l’adoption et la promulgation du Code de sécurité sociale et des statuts particuliers des corps professionnels, notamment celui du personnel de la communication.

Aussi, çà et là dans leurs cahiers de doléances, les deux centrales syndicales ont plutôt chatouillé le gouvernement. Pour sa part, l’Ust a demandé entre autres l’application du Smig aux contractuels et décisionnaires de l’Etat, l’accélération du paiement des heures supplémentaires aux ex employés de Tcc, qui viennent de gagner leur procès à la Cour suprême, l’immatriculation à la Cnps des agents contractuels et décisionnaires de l’Etat et le remboursement de toutes les dettes qu’il doit à cette institution. Aux sociétés pétrolières, l’Ust attend du gouvernement une obligation à recruter en priorité des travailleurs nationaux et d’interdire la destruction des biens et matériels usagers ou non, en les rétrocédant soit aux travailleurs, à leurs représentants ou aux collectivités locales. Le secrétaire général de l’Ust, Djibrine Assali Hamdallah, demande au gouvernement la fermeture des entreprises qui ne respectent pas la législation du travail, notamment la Kbr. Pour finir, l’Ust exige une gestion transparente et saine des ressources publiques ainsi qu’une répartition juste et équitable des revenus pétroliers qui profite à toutes les populations.

De son côté, la Cltt insiste sur l’augmentation de l’effectif des inspecteurs et contrôleurs du travail. Pour elle, une action particulière doit être mise sur la formation des médecins du travail. Dans un meilleur délai, lance-t-elle au gouvernement que le code des personnes et de la famille soit adopté.

En tout cas, le ton revanchard des syndicalistes n’a pas été au rendez-vous du 1er mai 2006. De peur peut être de subir les représailles d’un Déby au lendemain de sa réélection frauduleuse, les deux centrales ont mis la pédale douce dans leurs revendications.

Djéndoroum Mbaïninga

N’DJAMENA BI-HEBDO N° 947 du 5 au 10 mai 2006

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