La France en deçà des attentes – NDJAMENA BI-HEBDO N° 959 du 19 au 21 juin 2006

Brigitte Girardin, ministre déléguée à la Coopération de la France a essuyé, vendredi, un refus net de l’opposition et la société civile d’aller au dialogue avec Idriss Déby. C’est à croire qu’il s’agissait simplement de meubler le séjour.

On a annoncé que lors de son séjour au Tchad du 15 au 16 juin, Brigitte Girardin « fera le point avec le président de la République du Tchad et les acteurs politiques sur les dossiers qui ont marqué la situation politique tchadienne de­puis la fin de l’année », en plus de l’accord de coopération qu’elle va signer. Mais le point en question, attendu par la classe politique se trouve être en deçà de ce qu’a pro­posé le sous-secrétaire d’Etat amé­ricain aux Affaires africaines, Do­nald Yamamoto.
Il s’agira selon le compte-rendu de ceux qui ont rencontré l’envoyée de Paris de discuter avec le pouvoir pour préparer les élections. Or la proposition du représentant de la diplomatie américaine devait aboutir à une transition avec un Premier ministre à qui seront donnés les pleins pouvoirs.

La rencontre entre la ministre française de la Coopération et les représentants de la Cpdc et du Far a été couplée avec la société civile tantôt pour des raisons de temps tantôt parce que les deux groupes ont la même position.

A cette rencontre qui a eu lieu à la résidence de l’ambassadeur de France, la ministre déléguée à la coopération de la République fran­çaise a demandé à l’opposition et la société civile si elles ne pouvaient pas accepter d’aller au dialogue que demande le chef de l’Etat, mais sans les rebelles. La ministre a aussi indiqué que Paris reste pré­occupée par la situation actuelle du Tchad et souhaite que les acteurs politiques légaux acceptent de dialoguer avec le pouvoir pour rame­ner la quiétude. Selon elle, il faut cette quiétude pour que le docu­ment cadre de coopération Tchad­-France pour la période 2006-2010 qu’elle est venue signer ait la chance de connaître une mise en oeuvre. Le document-cadre en question, con­cerne selon le communiqué du gouvernement français, « l’aide fran­çaise à l’éducation de base, l’eau et à l’assainissement; à la santé et à la lutte contre le sida ainsi qu’aux do­maines transversaux de la gouvemance, de l’Etat de droit et de la Francophonie ».

La proposition de la ministre fran­çaise ne pouvait que rencontrer l’op­position des acteurs légaux qui se sont exprimés plusieurs fois sur la question même quelques heures avant de rencontrer la ministre Gi­rardin. L’opposition comme la société civile sont revenues encore une fois de plus sur la nécessité d’un dialo­gue sans exclusif pour une solution globale à la crise tchadienne. A cet effet, l’Union africaine dont le Con­seil de paix et de sécurité a pris une résolution demandant le dialogue, au lendemain du raid manqué des rebelles sur N’Djaména, est aux yeux de l’opposition l’instance la mieux indiquée pour mener le dia­logue. Et quand, Brigitte Girardin leur a demandé s’ils ne pouvaient pas rencontrer le chef de l’Etat pour le lui dire en face, les représentants de la Cpdc ont répondu par la néga­tive.

La montagne a donc accouché d’une souris. En attendant les suites du point de la patronne de la Rue monsieur, rien n’a bougé en faveur du dialogue. Les positions des uns et des autres sont encore distantes.

Madjiasra Nako
NDJAMENA BI-HEBDO N° 959 du 19 au 21 juin 2006


Commentaires sur facebook