Les méfaits des avortements clandestins – NDJAMENA BI-HEBDO N° 959 du 19 au 21 juin 2006

Le Tchadien est prompt à tuer par les armes blanches, les armes à feu, les racines, l’empoisonnement et même par l’avortement. Pour ce dernier cas, les agents de la santé, qui sont chargés de sauver les vies humaines, les ôtent plutôt en pratiquant des avortements clandestins dans les quartiers.

L’avortement n’est pas lé­galisé au Tchad et tout agent de la santé n’est autorisé à le faire que dans l’ultime but de sauver la vie de la mère enceinte.

Ayant constaté les multiples cas de décès suite aux avorte­ments clandestins dans les quartiers et particulièrement dans la région du Logone orien­tal, le Dr Némian Meurdé, mé­decin chef du district sanitaire de Bébedjia et la soeur Cécilia, responsable du Centre de santé de Bodo, ont réuni les infirmiers de l’hôpital Saint Jo­seph de Bébedjia à la fin du mois de mars dernier pour les mettre en garde contre les méfaits des avortements, qui s’effectuent clandestinement dans les quartiers. Personne sur cette terre n’a le droit d’ôter la vie à une autre personne et nul ne peut prétendre être un expert en avortement. Le plus souvent, on estime que le foetus avorté n’est pas un être humain, mais plutôt «un amas de sang». Qui est né de la chair sans avoir été au départ un foetus?

Plusieurs témoignages sur les méfaits de l’avortement ont été cités en exemple ce jour. A Doba, une fille de la classe de CM2 était tombée enceinte. Sa mère a fait pression sur elle afin qu’elle avorte, au cas con­traire, elle ne sera plus consi­dérée comme sa fille. Cette dernière était contrainte d’avor­ter. L’avortement s’est bien passé, mais elle a trop saigné et cela a provoqué une infec­tion mal traitée au quartier. En fin de compte, l’état de la fille s’est considérablement dé­gradé à telle enseigne qu’elle a été transférée à l’hôpital dans un état comateux. Les médecins ont tenté de faire l’ablation de l’utérus afin de sauver la vie de la mourante, mais elle a fini par rendre l’âme. Sa mère a eu le temps de lui demander pardon avant qu’elle ne s’éteigne, mais en dépit du pardon, depuis le décès de sa fille, elle a des troubles mentaux.

Le dernier cas s’est produit dans la capitale camerou­naise, à Yaoundé. Un médecin qualifié « spécialiste en ­avortement », propriétaire d’une clinique médicale a pris rendez-vous avec une demoi­selle, fille d’un ministre pour effectuer un avortement. La fille est arrivée à l’heure indiquée à son rendez-vous. Ce jour-là, l’opération n’a pas marché comme d’habitude. La fille du ministre a trop saigné; elle a succombé sur la table de l’opé­ration. Que faire avec le corps? Le médecin a décidé de cou­per le corps inerte de sa pa­tiente en morceaux. Il les a mis dans un sac pour aller jeter au fleuve. Après enquêtes et re­cherches, le pot aux roses a été découvert. Le médecin a été arrêté et emprisonné. Sa clinique a été fermée en fin de compte.
Hommes, femmes, atten­tion aux vies humaines avec lesquelles vous vous amusez. Tôt ou tard, Dieu vous deman­dera des comptes.

Josias Taradoum Bébedjia
NDJAMENA BI-HEBDO N° 959 du 19 au 21 juin 2006


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