Effet d’annonce – N’Djamena Bi-Hebdo N° 960 du 22 au 25 juin 2006

Rien n’a évolué par rapport à la grève lancée, il y a deux semaines, par l’Union des syndicats du Tchad (Ust). La grève continue, malgré toute la publi­cité faite sur l’adoption par le gouvernement du pro­jet de loi rectificative du budget général de l’Etat pour 2006, à l’issue du conseil extraordinaire des minis­tres du 19 juin 2006, qui prévoit l’application de l’augmentation globale de la masse salariale des fonctionnaires et agents de l’Etat à compter de ce même mois de juin. Après ce conseil des ministres, un énorme tapage a été fait autour de cette augmen­tation de 5% des salaires des fonctionnaires.

L’ob­jectif de cette publicité n’est ni plus ni moins qu’un trompe l’oeil de l’opinion, notamment celui des travailleurs, en leur faisant croire qu’il y a eu des concessions de la part du gouvernement et que la persistance de la grève est due à l’intransigeance de l’Ust. En fait, il n’en est rien. La position du gouverne­ment n’a pas évolué d’un iota. Conséquence, l’Ust refuse d’appeler ses militants à la reprise du travail. Elle compte aller, le plus loin possible, pour amener le gouvernement à prendre en compte ses différents points de revendication.

L’augmentation de 5% est, pour les fonctionnaires, un acquis depuis janvier 2005. C’est une promesse du chef de l’Etat. Le gouvernement ayant refusé de l’appliquer, la centrale syndicale, a fait des conces­sions lors d’une rencontre avec le Premier ministre en mai dernier, en acceptant que le délai court à partir de janvier 2005. Le gouvernement, pour sa part, veut que cette augmentation entre en vigueur à partir de juin 2006. C’est sur ce point que les parties se sont quittées. Aujourd’hui, la grève générale lan­cée par l’Ust depuis le 5 juin paralyse toute l’adminis­tration et perturbe sérieusement le fonctionnement des services publics.

L’Ust reste ferme sur son mot d’ordre de grève. Tant que le gouvernement n’acceptera pas que l’aug­mentation des salaires revendiquée court à partir de janvier 2006, la grève continuera, vocifèrent les mem­bres du bureau exécutif de l’Ust. Pour eux, tous les points de revendication de l’Ust devraient être pris en compte pour que la grève soit interrompue. Il s’agit, en dehors de l’augmentation des salaires, du statut particulier des personnels de greffe et de la communication, des 10% du statut particulier du personnel de la santé et des affaires sociales.
A l’évidence, la grève lancée par l’Ust est loin de connaître son dénouement. Le gouvernement, au lieu de chercher à y mettre fin en dialoguant avec ceux qu’il appelle partenaires, préfère jouer le dur. Pendant ce temps, c’est le pays qui perd ainsi lourdement.

La Rédaction
N’Djamena Bi-Hebdo N° 960 du 22 au 25 juin 2006


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