Le Fucd cherche un chef efficace – NDJAMENA BI-HEBDO du 26 au 28 juin 2006

Rien ne va plus entre Mahamat Nour, président du Fucd et son vice-président, Hassane Saleh Aldjinedi. Ce dernier a annoncé la dissolution du regroupement des politico-militaires dont il est le vice-président.

Ainsi, le Fucd n’a pas tenu un an. Par un communiqué daté du 22 juin, le Dr Hassane Saleh Aldjinedi, leader de Concorde na­tionale tchadienne (Cnt) annonce, depuis Moudéina, la dissolution du Fucd et convie tous les mouve­ments politico-militaires à une con­férence pour mettre en place une direction efficace qui aidera à ren­verser le régime de Déby Itno. Pour le leader du Cnt, le capitaine Mahamat Nour Abdelkérim n’arrive pas à stabiliser le regroupement. Toujours absent, il ne prend que des décisions volontaristes et per­sonnelles. C’est pourquoi, lui et son mouvement ne peuvent plus sup­porter cette inertie.

Le porte-parole du Fucd, Dr. Albissaty Allazam, publie, lui aussi, un communiqué dans lequel il ex­plique que « La dissolution du Fucd doit être comprise comme la disso­lution des organes fictifs et non l’en­terrement du mouvement en tant que coalition de plusieurs acteurs politiques. Le but de cet acte politi­que est de pouvoir créer un cadre de débat démocratique réel au sein des composantes du Fucd et inté­resser les acteurs politiques non membres de ce mouvement d’y participer en vue de trouver des solutions adéquates aux maux dont souffre notre patrie, le Tchad ». Il an­nonce que le mouvement organise du 27 au 30 juin son congrès pour restructurer les organes dirigeants du Fucd et mettre en place un bu­reau exécutif responsable.

En effet, tous les rebelles semblent en avoir assez de l’attitude de leur président, le capitaine Mahamat Nour, devenu très méfiant à l’égard de ses camarades depuis quel­ques mois. On savait que depuis le lendemain du 13 avril, une crise couvait entre les différents respon­sables des mouvements ayant constitué le Front uni pour le chan­gement démocratique. La crise, une querelle de leadership à l’origine, s’est transformée en une partie de cache-cache. Souvent absent aux réunions du bureau du Fucd, Mahamat Nour trouve le prétexte d’une maladie ou de voyage pour éviter de rencontrer ses camarades qui affirment avoir des diffé­rends à régler avec lui. Ses dépla­cements se font dans le plus grand secret à cause de la traque que mèneraient des fins limiers com­mis par Déby.

Une atmosphère d’un complot permanent contre le leader du ras­semblement pour la démocratie et les libertés devenu président du Fucd, (une fusion des mouvements politico-militaires présents à la fron­tière tchado-soudanaise), a ins­tauré une méfiance des rebelles entre eux. Des agents doubles auraient infiltré les rangs des rebel­les guettant la moindre occasion pour abattre Mahamat Nour Abdelkérim dont le gouvernement a déjà annoncé une fois la mort par précipitation. Cette méfiance du président du Fucd est l’une des raisons de l’échec de la tentative de fusion entre le Rafd de Timan Erdimi et le Fucd. On impute cet échec à Mahamat Nour qu’on accuse d’avoir une haine viscérale pour les Zaghawas, le groupe ethnique de Timan.

Des informations provenant du front indiquent que le seul écueil à la création d’une coordination poli­tique des mouvements rebelles est l’ambition des politiciens qui dirigent les mouvements. Sinon, la coordination militaire fonctionne sans problème.
Au lendemain du raid manqué sur N’Djaména, les rebelles ont promis revenir, voire perturber la tenue de l’élection présidentielle. Ils n’ont pas tenu leur promesse. Et beaucoup ont commencé à s’inter­roger sur leur sérieux.

Madjiasra Nako
NDJAMENA BI-HEBDO du 26 au 28 juin 2006


Commentaires sur facebook