L’Ust maintient son mot d’ordre de grève – NDJAMENA BI-HEBDO du 29 au 2 juillet 2006

Malgré les menaces du gouvernement, notam­ment celle de défalquer les jour­nées de grève sur les salaires du mois de juin, les travailleurs membres de l’Union des syn­dicats du Tchad poursuivent leur grève sèche et illimitée lan­cée depuis plus de deux se­maines sur l’ensemble du ter­ritoire national.

Par une note datée du 15 juin, le gouvernement a demandé aux chefs des départements ministériels d’ouvrir des cahiers de présence devant permettre aux services du ministère des Finances d’établir « des états de salaires équitables ». Le gouver­nement justifie cette décision en affirmant que « le salaire étant la contrepartie d’un travail fait, les journées de grève ne seront pas payées ».

Les militants de l’Ust, à l’issue d’une assemblée générale évaluative le 24 juin dernier, esti­ment que « cette décision arbi­traire sur fond d’intimidation ne peut pas émousser l’élan des travailleurs ». Pour eux, le gouver­nement ne peut opérer des rete­nues de salaires dans le cadre d’une grève déclenchée pour re­vendiquer les acquis des tra­vailleurs ou pour les engage­ments qu’il n’a pas tenus. Les militants de l’Ust sont ainsi una­nimes pour poursuivre la grève jusqu’à satisfaction totale de leurs revendications. Par ailleurs, ils se réservent le droit d’utiliser toutes les voies légales en cas de mise en application de « ces mesures arbitraires ».

Face à toute cette situation pré­occupante, l’Ust demande à tous ses affiliés sur l’ensemble du territoire national de rester se­reins et mobilisés pour le triom­phe de ses légitimes revendica­tions. Toutefois, la lettre du gou­vernement est sortie après que les états de salaires du mois de juin ont été établis.

Le Syntass, la force de l’Ust

Au lendemain de la grève de l’Ust, le gouvernement a pris une décision réquisitionnant des agents de la Santé publique et des affaires sociales, ainsi que ceux des greffes, pour assurer un service minimum. Mais ceux-ci trouvent que ces réquisitions sont prises en toute illégalité et n’engagent que leurs signatai­res. Ainsi, les hôpitaux ne fonc­tionnent presque pas. Outre les revendications générales de l’Ust, les agents sanitaires et so­ciaux revendiquent l’application des 10% de leur statut particu­lier. « C’est un point préalable aux revendications de l’Ust. Tant qu’on ne verra pas les 10% du statut particulier dans le projet de loi rectificative du budget de l’Etat 2006, on continuera la grève », menace le Syndicat des tra­vailleurs des affaires sociales et de la santé du Tchad. Le sec­teur de la santé risque aussi d’être davantage paralysé par un soulèvement imminent des médecins qui boudent une ré­forme hospitalière. Selon cette réforme, les médecins ne doi­vent plus être nommés des dé­légués sanitaires des régions ou directeurs des hôpitaux, au profit des administrateurs civils formés dans le domaine de la gestion des hôpitaux. Ils ont adressé une correspondance au ministre de la Santé publi­que. Dans cette correspon­dance, ils demandent au minis­tère de la Santé de revoir cette réforme afin de maintenir les délégués régionaux de la Santé publique et directeurs des hô­pitaux à leur place.

HB
NDJAMENA BI-HEBDO du 29 au 2 juillet 2006


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