L’Ust doit réajuster ses méthodes – NDJAMENA BI-HEBDO du 29 au 2 juillet 2006

Par sa décision unilatérale d’augmenter le salaire des travailleurs de 5% à partir du 1er juin alors que les bénéficiaires le voulaient pour le 1er janvier 2006, le gouvernement a contraint l’Union des syndicats du Tchad a maintenir son mot d’ordre de grève entamé, depuis le 19 juin dernier. Cette grève, faut-il le préciser, visait à obtenir satisfaction des préalables posées par cette centrale syndicale avant d’entrer en négociation avec le gouvernement pour la signature d’une trêve sociale.

Malheureusement pour le pays, l’on ne voit pas poindre à l’horizon une quelconque solution à cette crise so­ciale depuis que l’Ust a durci le ton. Et pourtant, cette crise sociale déteint fortement sur la crise politique que connaît le pays et pour laquelle le gouvernement, malgré quelques louvoiements, s’in­génie à lui trouver une solution.

Par sa nature contagieuse à la sous-région, la crise politique tchadienne a attendri quelques partenaires notamment l’Union Africaine, l’Union Européenne, les Etats unis et la France ont accouru pour secourir Déby Itno à entamer un dialogue avec l’opposition. Mais si cela est timide, la mise sur pied d’un comité de sages participe de cet effort de recherche de solution à la crise politique même si ledit comité trime à mettre en rapport les acteurs politiques.

Par contre, il est étonnant de constater que sur le plan intérieur, ni le président de la république ni le gouvernement n’ait inspiré un rapprochement avec la centrale syndicale. Au contraire, la médiation natio­nale, instrument indispensable à un tel rapprochement a été cooptée pour la résolution du conflit politique. Cette pratique dénote un penchant de nos gouver­nants à n’accorder d’intérêt à un conflit lorsque celui-ci est susceptible de menacer leurs fauteuils. En d’autres termes, la grève des travailleurs est perçue par nos gouvernants comme un mouvement d’humeur qui s’estompera tout seul même si l’on ne lui accorde pas une petite attention. L’Ust doit méditer ce constat et réajuster ses méthodes de lutte au lieu de se confi­ner à la bourse de travail et demander à ses militants de se terrer chez eux.

La Rédaction
NDJAMENA BI-HEBDO du 29 au 2 juillet 2006


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