Assemblée nationale, caution solidaire de Déby Itno – N’DJAMENA BI-HEBDO N°982 du 9 au 11 octobre 2006
Dans son discours d’ouverture de la session budgétaire de l’Assemblée nationale, le 5 octobre 2006, Nassour Guelengdouksia Ouaïdou, président de ladite institution, s’est prononcé sur les grands événements nationaux que le pays vient de connaître.
Le ton du discours d’ouverture prononcé par le président de l’Assemblée nationale, Nassour Guelengdouksia Ouaïdou, contraste avec celui de l’année passée à la même occasion. Dans ce discours de 2005, NGO a cru devoir jouer son rôle de parlementaire. Ainsi était-il sorti de cette langue de bois qui caractérise les cadres du Mps, pour attaquer le gouvernement sur un certain nombre de questions: situation sociale catastrophique, arrestation de Tchanguiz Vatangka, dépénalisation des délits de presse.
Cette année, NGO a opté pour un ton conciliant, pour ne pas dire un discours dithyrambique. Cela est-il dû à l’ire que son discours a attirée de la part du Premier ministre Pascal Yoadimnadji, qui trouvait inacceptables les « injonctions » de NGO? Ou bien au fait qu’il ait été propulsé à la tête de la Commission de négociation des conventions pétrolières?
En tout cas, sur tous » les grands événements nationaux que nous avons connus », l’Assemblée nationale s’est alignée sur la position du gouvernement. Parmi ces événements, le président de l’Assemblée nationale a cité l’élection du président de la République, «une élection survenue peu de temps après l’agression dont a été victime la capitale tchadienne de la part de la rébellion de l’Est du Tchad. D’aucuns avaient craint que ces événements n’empêchent le déroulement normal du scrutin. Il n’en a rien été; ce dont il faut se féliciter». NGO de reconnaître cependant que « la situation de l’Est reste préoccupante en raison de la persistance de la violence dans le Darfour » .
Contrairement au ton de l’année passée, NGO n’a en rien enjoint au gouvernement dans le sens de la résolution de la crise grave que traverse le pays. S’il est de notoriété publique que le conflit de l’Est est un conflit tchado-tchadien, NGO s’est aligné sur le gouvernement en le liant à la crise du Darfour. C’est pourquoi, a-t-il martelé: « nous demeurons confiants dans la solution du problème tchadien par la voie pacifique et saluons la reprise, il y a quelques jours, des relations diplomatiques entre le Tchad et le Soudan, prémices d’un vrai début de dialogue entre les différentes parties intéressées par le conflit qui sévit aux frontières soudano-tchadiennes« .
Concernant le dialogue que le parti au pouvoir a initié avec ses alliés, « de nombreuses et pertinentes résolutions ont été prises ». L’Assemblée nationale, selon son président, « attend qu’elles soient traduites en lois pour être appliquées et ce, dans une démocratie à laquelle le Tchad aspire ». Mais ce dialogue exclusif peut-il régler la crise profonde et multidimensionnelle que connaît le Tchad?
Nassour Guelengdouksia n’a pas manqué de revenir sur le conflit qui oppose le Tchad à aux multinationales Chevron et Petronas. « En ce qui concerne le conflit qui oppose depuis un certain temps le Tchad à certains de ses partenaires dans le consortium, il nous faut dire ici ce que nous pensons réellement: nous savons que les conventions passées avec les partenaires en 1988 et 2004 leur imposaient des devoirs et des droits à l’égard de l’Etat tchadien. Nos partenaires n’ont pas respecté ces droits et devoirs vis-à-vis du gouvernement. C’est ce non respect des droits et devoirs qui a été à l’origine de la réaction du chef de l’Etat. Je réaffirme ici qu’au nom de la représentation nationale, nous sommes solidaires avec la décision du président de la République de réécrire les termes de ces conventions », a indiqué le président de l’Assemblée nationale. Quoi de plus normal quand on sait que NGO est le président de la commission chargée de renégocier les termes de ces conventions mais aussi et en d’autres temps coordonnateur du projet pétrole.
De même, la représentation nationale, par la voix de son président, adhère à la politique du gouvernement en matière de lutte contre la corruption et les détournements des deniers publics. Dans ce sens, NGO rassure les députés que « les quatre dossiers reçus au niveau de l’Assemblée seront examinés avec diligence au cours de la présente session parlementaire » .
NGO, qui a, dans son discours d’ouverture, évoqué également des événements qui se sont passés au-delà de nos frontières; notamment le déversement des déchets toxiques à Abidjan et la violation de la souveraineté du Liban, a passé sous silence l’inondation particulièrement désastreuse de certaines régions du Tchad.
Quant à l’objet même de la deuxième session ordinaire, qui est l’examen de la loi des finances 2007, l’ouverture de la session budgétaire a débuté par la lecture d’une communication du Premier ministre. «Compte tenu des difficultés d’ordre technique et en vue de finaliser les concertations d’ordre politique ainsi que les discussions avec les partenaires, le gouvernement n’est pas en mesure de respecter le délai prescrit ». En effet, selon l’article 129 de la Constitution, le projet de loi des finances est déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale au plus tard la veille de l’ouverture de la deuxième session ordinaire.
Alladoum Nadingar
N’DJAMENA BI-HEBDO N°982 du 9 au 11 octobre 2006