Les impacts des affrontements du 13 avril – Le Temps N° 475 du 19 au 25 avril 2006

La guerre, elle a bel et bien eu lieu ce jeudi 13 avril à N’Djaména. C’était au petit matin, quand les N’Djaménois furent réveillés par des assourdissantes déflagrations du côté Est de la ville.Les quartiers les plus touchés sont Diguel N’Djari et Boutalbagar situés aux environs du Palais du 15 janvier où se sont déroulés les combats. Les rebelles du FUC ayant choisi de pénétrer à N’Djaména par ce côté en venant de Dourbali, après avoir déjoué la vigilance des forces gouvernementale, stationnées le long des grandes voies. Arrivés aux portes de la capitale, les rebelles du FUC vont être attaqués par l’ANT.

imp La trajectoire des rebelles étant signalée par l’aviation française, les forces gouvernementales changent de stratégie et prennent en tenailles les rebelles qui ne s’attendaient pas à une résistance aussi énergique. Pour ces derniers, il n’y a plus de militaires à N’Djaména et que la prise de cette ville ne sera qu’une simple ballade de santé. C’était non loin du village Gawi, le site touristique sao que les rebelles ont été cueillis par les forces gouvernementales. Le combat avait été d’une rare intensité. Malgré la force de frappe des forces gouvernementales, les rebelles réussirent à s’infiltrer sans coup férir dans la ville de N’Djaména, atteignant presque les points névralgiques de la ville. Mais ignorant la cartographie de la ville, leur aventure n’a été que de courte durée.

L’entrée en ville qui s’est opérée par le côté Est et plus précisément du côté des quartiers Ndjari et Diguel, laissera des impacts dans ces quartiers. Les populations civiles ne sont pas épargnées. A quelques centaines de mètres des lieux de combat, au quartier N’Djari, Moustapha Doungous se plaint des corps abandonnés dans sa cour. « J’ai évacué ma famille au risque d’empoisonnement par des corps en décomposition. Nous pensions que la mairie viendra retirer les corps mais jusqu’aujourd’hui, rien n ‘est fait ». Les édifices publiques, les bâtiments privés n’ont pas été épargnés. « En pourchassant les rebelles avec leurs chars, les forces gouvernementales ont écrasé nos maisons et tué des innocents ».

Des maisons ont été entièrement calcinées et éventrées par les obus. Adoum Mahamat, un habitant de Diguel estime à plus d’une dizaine de millions de nos francs les dégâts causés par la chute des obus sur sa concession. Ces obus ont complètement calciné ses trois cases. Les entreprises ne sont pas du reste. C’est le cas de ECRB Oil qui a essuyé des tirs des roquettes. Au quartier Dembé, on a enregistré plus d’une dizaine de morts suite à l’explosion d’un engin abandonné par les rebelles. Tous, des jeunes, venue piller la 4×4 abandonnée par les rebelles. Dans les hôpitaux, des blessés et des morts des civiles se comptent par des dizaines. Ce sont là, les dégâts collatéraux de cette meurtrière guerre du jeudi 13 avril qui, une fois de plus, a plongé dans le deuil et la désolation les N’Djaménois.

Nabia Bandoro
Le Temps N° 475 du 19 au 25 avril 2006


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