Où allons-nous – Le Temps N° 476 du 26 avril 2006

temps Plus qu’un défi fondamental auquel est confronté le Tchad depuis plus de quatre décennies, ce questionnement est un impératif qui inter¬pelle chacun de nous. Un questionnement qui, au-delà de toute analyse subjective doit mettre chaque tchadien devant sa part de responsabilité dans les différents conflits qu’a connus le Tchad depuis son indépendance.

Une indépendance qui pourtant, accompagnée dès ses premières heures d’euphorie et d’un espoir qui, malheureusement aujourd’hui, se sont révélés pour l’essentiel un cruel mirage pour chacun de nous. Notre histoire, ne nous le cachons pas, n’a été depuis notre indépendance qu’une litanie d’apocalypse rythmée par des guerres, des destructions des vies humaines et des biens, bref d’un recul considérable de notre pays sur le plan social, économique, politique et culturel. Comme une malédiction, lorsqu’une scène d’horreur, de haine, de bêtise humaine… commence à s’estomper dans nos esprits, d’autres encore beaucoup plus cruelles, beaucoup plus barbares s’imposent à tous.

tps Aujourd’hui, le substantif tchadien suscite une image d’horreur, de guerre, de destruction…. de sauvagerie. L’image du Tchadien, dans les esprits de nos voisins qu’une caricature humiliante. Une description éhontée d’une vie insensée. Une vie caractérisée par une obscure absurdité. Du régime de Tombalbaye à celui de IDI. Les Tchadiens ont finalement semblé vécu inutilement. Aux efforts des recherches des solutions aux différents conflits qui ont lieu chez nous ont aussitôt suivi des éclate¬ments des désunions, des guerres fratricides et quelles autres bêtises encore…

Le Frolinat qui vouait aux gémonies les régimes de Tomhalbaye et de Malloum, les accusant avoir basé leurs pouvoirs sur le clan et qui promettait transcender le tribalisme, le confessionnalisme, l’autocratie… seule condition qui devrait favoriser l’unité nationale, les libertés et l’égalité qui ouvrirait la voie, toujours selon ce mouve¬ment politico-militaire, au développement, n’a été qu’un voeu pieux. Les conflits clani¬ques, confessionnels voire politiques, corollaires de l’absence de cette unité nationale, de cette justice sociale tant promise au peuple fragiliseront davantage le pays. Mieux que du surplace, le Tchad a plus reculé. Avec l’instauration de la démocratie en 1990, avec l’arrivée au pouvoir de IDI et la tenue de la Conférence nationale souveraine en 1993, les Tchadiens pensaient enfin rompre avec le spectre de la guerre, des conflits communautaires et ethniques pour se tourner résolument vers le développement. Erreur ! Comme une truie qui se retourne à ce qu’elle a vomi, les Tchadiens, très vite ont renoué avec les démons de la division, les démons de la guerre. L’espoir de changement que les Tchadiens attendaient avec l’instauration du multipartisme n’a été qu’une chimère. Des voix se sont encore élevées pour décrier la gestion du pouvoir par IDI. Clanique, dictatoriale, totalitariste, corrompue, violente… les qualificatifs ne manquent pas pour accabler le régime de IDI.

Excédés et n’ayant plus confiance à la démocratie de IDI, certains Tchadiens ont une fois de plus choisi le chemin de la lutte armée pour la conquête du pouvoir. Une fois de plus, le Tchad vient de renouer avec le théâtre de violence, de guerre fratricide, de division, fermant ainsi toutes les parenthèses de tentative de sortie des crises afin de faire face aux réels problèmes que connaît le pays, ceux de la lutte contre la pauvreté, contre l’analphabétisme, contre la misère. Où allons-nous donc? Sommes-nous le peuple le plus barbare de cette planète au point de ne chercher qu’à nous entretuer ? A quand dont la rupture d’avec cette inconscience condescendante, cette théorie absurde de gouvernance qui consiste pour tous nos gouvernants à s’arroger tous les avantages, tous les pouvoirs, tous les droits même celui de disposer comme l’on veut, de la vie de ses concitoyens? II est temps, chers concitoyens, de sortir de cet engrainage, de rompre avec ce schème de barbarie. A IDI et à tous les acteurs politiques et politico-militaires, nous disons assez!Que tous ceux qui nous gouvernent sachent que le temps est précieux et qu’il faut savoir en profiter! Tous, doivent pour amour de ce pays oeuvrer pour la paix, créer un environnement qui doit favoriser la tolérance, le dialogue… la stabilité pour le développement tous azimuts de notre pays.

Editorial
La Rédaction – Le Temps N° 476 du 26 avril 2006


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