Une incursion du Tchad fait monter le ton avec le Soudan – Reuters

Le ton est monté entre N’Djamena et Khartoum mardi, aulendemain d’une incursion en territoire soudanais de l’armée tchadienne à la poursuite de rebelles.

Le Soudan a promis une riposte « forte » à cette intrusion de deux kilomètres et demi de profondeur surson sol, qui s’est soldée, selon lui, par la mort de 17 membres de ses forces de sécurité et de « nombreux »civils.

« Nous allons étudier toutes les ripostes, politique, diplomatique et militaire« , a déclaré un porte-parolemilitaire tandis que l’ambassadeur du Tchad était convoqué au ministère soudanais des Affaires pours’expliquer sur cet incident.

Après avoir dans un premier temps nié toute intrusion, le Tchad a reconnu que ses forces avaient bienpénétré en sol soudanais et a « regretté » les « victimes collatérales » de cette « opération de sécurisation » desa frontière.

N’Djamena s’est justifié en invoquant un « droit de poursuite« , au regard du droit international, contre unecolonne rebelle tchadienne de 200 véhicules qui avait attaqué le village tchadien d’Aldjirema avant d’êtremise en déroute par ses forces régulières.

« C’est ainsi que nos forces de défense et de sécurité ont eu la surprise d’entrer en contact direct avec lesforces armées soudanaises déployées pour assurer les arrières des rebelles« , a expliqué le ministre tchadiende la Communication, Hourmadji Moussa Doumgor.

MISE EN GARDE TCHADIENNE AU SOUDAN

Doumgor a assuré que l’intrusion tchadienne n’était en rien délibérée et n’a pas confirmé la version del’armée soudanaise faisant état de pertes dans ses rangs.
Il a revanche mis en garde le gouvernement de Khartoum contre toute riposte militaire. « Si le Soudan optepour une agression directe, le Tchad usera de tous les moyens pour y répondre« , a-t-il dit.

Les présidents tchadien Idriss Déby et soudanais Oman Hassan al Bachir ont signé il y a à peine deux moisà Tripoli un accord de non-agression.
Déby accuse de longue date Khartoum d’offrir soutien et protection aux rebelles tchadiens. Bachir le nieet accuse en retour le Tchad de soutenir des rebelles au Darfour.

Le conflit du Darfour, qui a fait au moins 200.000 morts, a déplacé des centaines de milliers de réfugiéssoudanais ou tchadiens dans l’Est tchadien.
Il y a dix jours, entre 200 et 400 d’entre eux y ont été massacrés par des djandjaouids, ces cavaliersarabes soudanais accusés des pires exactions au Darfour contre les populations négro-africaines, a annoncél’Onu.

Les efforts diplomatiques pour tenter de mettre un terme au conflit du Darfour se poursuivent. Leprésident sud-africain Thabo Mbeki est arrivé mardi à Khartoum pour rencontrer Bachir.

Il y sera suivi par le secrétaire d’Etat adjoint américain John Negroponte, porteur d’un message defermeté au régime de Bachir qui refuse le déploiement de casques bleus dans son pays comme le souhaite leConseil de sécurité.


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