Résultat provisoire: Bachir offre à IDI son troisième mandat – Le Temps N° 479 du 17 au 23 mai 2006

La Ceni d’Ahmat Mahamat Bachir a rendu public ce dimanche dans la soirée à l’hôtel libyen Kempinsky les résultats du scrutin présidentiel controversé du 3 mai dernier donnant IDI vainqueur, le créditant de 77, 53% pour un taux de légitimation de 61,49% contrairement au constat fait par l’ensemble de la presse, des observa­teurs lucides et des citoyens.

Après Yoadimnadji en 1996, Yokadjim en 2001, l’homme sur les épaules de qui reposait la réélection d’Idriss Déby devenu Itno s’appelle Ahmat Mahamat Bachir. Comme ses prédécesseurs ce fils du Ouaddaï a piloté les tra­vaux de la Ceni dont l’essentiel consiste à masquer le suffrage exprimé par le peuple pour le rem­placer par des chiffres tout à fait imaginaires que l’on fait passer pour résultat de vote. C’est ainsi que le résultat que la Ceni a rendu public ce soir du 14 mai ne reflè­tent nullement la réalité observée le 3 mai.

Le président sortant est pre­mier dans toutes les 18 régions que compte le Tchad. Dans la partie nord du pays, les chiffres de la Ceni accordent à IDI des scores confortables allant de 70 à 90 pour cent. Au sud souvent considérée comme bastion de l’opposition, le général président est déclaré gagnant au moyen d’un score compris entre 40% et 60%, dépassant de loin ses pseudo adversaires; Kassiré et son ex filleul Pahimi n’enregis­trent respectivement dans leur dé­partement d’origine que 38,72 et 27,11 %. Pour ce qui est du taux de participation, véritable enjeu de l’opération, la Ceni n’a pas hé­sité d’en trouver 61 %, offrant au pouvoir le moyen de démentir un boycott que beaucoup d’obser­vateurs (journalistes, ambassa­deurs et autres ONG) ont observé le jour du vote.

Le plus faible taux de partici­pation est constaté dans la com­mune de N’Djaména avec 38 suivis du Moyen Chari avec 40 %, et Logone occidental 47,6%. A l’étranger le taux est de 27, 09 sanctionné par une victoire d’ldriss Déby à hauteur de 82,26.

Le candidat MSA/R lbrahim Koullamalah qui croyait profiter de l’absence de la CPDC pour gagner en popularité n’a guère obtenu que 3,67%. Et il occupe la dernière place dans une partie où ses quatre adversaires appartiennent à une même famille politique. Anticipant sur les réactions que susciteront ces chiffres sortis des ordinateurs, le président de la Ceni devait dans son discours d’introduction s’en prendre à l’opposition démocratique et la presse indépendante qui ont une autre appréciation que la sienne.

Adoum Antoine Goulgué
Le Temps N° 479 du 17 au 23 mai 2006


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