Gama: On enlève des enfants! – Le Temps N° 479 du 17 au 23 mai 2006

gam Début 2006 jusqu’à la date du 23 avril dernier, six enfants âgés de moins de dix ans ont été enlevés dans la sous-préfecture de Gama. Le seul des enfants re­trouvés jusque là c’est la fille de M. Haroun Zogolo.

La fille s’appelle Amaboua Haroun. Elle se trou­vait ce jour 23 avril 2006 dans la rue quand elle voyait venir à sa rencontre un certain Maïna Wagni. Arrivé à son niveau, Maïna propose à la fillette âgée de 9 ans un voyage sur N’Djaména. La fille s’est laissée convaincre parce que le commerçant Maïna l’avait dit qu’elle l’amenait voir une de ses tantes.

Il faut parcourir près de 300 kilomètres pour atteindre la capitale. Une fois arrivée à N’Djaména, Amaboua s’est vue loger dans une maison qu’elle ignore l’emplacement et le nom du quartier pendant deux jours. Elle vivait du pain, des mangues et quel­ques rares fois des gâteaux. Après deux jours, Maïna passe la main à d’autres personnes que la fillette ne connaît pas, pour entamer la suite du voyage. La kidnappée s’est retrouvée au parc-auto puis dans un bus. Quelques minutes de route, Amaboua com­mence à douter du voyage qui en principe devrait la ramener vers sa tante. Le paysage qui défilait sous ses yeux ne lui est pas familier. C’est en ce moment qu’elle éclate en sanglots. Comme témoigne son père, ses pleurs incessants auraient attiré l’attention du chauffeur du bus. C’est à Guelendeng que le chauf­feur a voulu savoir pourquoi la fille pleure tant. La personne qui avait la charge de la fille de répondre que «nous nous sommes divorcés avec sa maman et je suis entrain de l’amener à ma mère». La fille qui du haut de ses 9 ans est éveillée, comprend alors la manigance et rétorqua «ce que raconte le monsieur est faux». La réponse de la fillette intrigue le chauf­feur qui n’a pas hésiter un seul instant à confier l’affaire à la brigade de la gendarmerie de Guelendeng.

Une fois saisie, la gendarmerie demande à entrer en contact avec le soi-disant père de la fille qui, par enchantement, a pris la clé des champs. Les parents vont être informés par le message de la gendarmerie de Guelendeng à leurs collègues de Gama. La première personne a manifesté c’est Maïna Wagni qui porte plainte contre l’oncle de la fillette résident à N’Djaména à la brigade des recherches pour fausse accusation. Ce dernier muni de sa con­vocation se présente à la gendarmerie le jeudi 27 avril 2006. L’affaire ne va pas être tranchée le même jour, l’oncle de Amaboua passe deux jours en pri­son. Au deuxième jour, la gendarmerie lui demande les raisons de sa plainte. Wagni de répondre que «le monsieur m’accuse d’avoir vendu sa fille à des gens à Guelendeng» Faute de preuve, la gen­darmerie libère l’oncle de Amaboua.

Le commerçant Maïna n’arrête pas la pluie de ses plaintes, il va à Gama la porter, cette fois-ci, contre le père de la fille pour le même motif chez le juge résident. Pendant que nous mettons sous presse, nous ignorons la suite que le juge a donné à cette affaire parce que le père est convoqué pour le mercredi 17 mai 2006. Pour la même affaire, le parquet de N’Djaména est saisi.
L’imbroglio qui entoure cette affaire c’est que Maïna Wagni joue à la victime. Par ses manœuvres dilatoires, il gêne la manifestation de la vérité. En attendant le jour où la vérité va se manifester, le doigt accusateur est pointé sur le commerçant Maïna. Ses nombreux voyages au Nigeria pour ses affaires l’exposent à des multiples soupçons par exemple le trafic des jeunes enfants pour leurs organes très prisés, dit-on, dans le pays d’Olusengun.

Les parents, qui sont aujourd’hui désemparés et désespérés, se remettent à la justice, autres institutions de la République et certains organismes internationaux particulièrement l’Unicef d’œuvrer efficacement pour les cas de vol fréquent des enfants, dans la sous-préfecture de Gama.

Dipombé P.
Le Temps N° 479 du 17 au 23 mai 2006


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