Editorial : La guerre, encore la guerre – Le Temps N° 497 du 1er au 7 novembre 2006

La Une Une guerre inutile, une guerre sans lendemain. Le temps d’un soupir et la voilà de retour. Impi­toyable, qui n’épargne personne sur son passage. Ni ceux, qualifiés de mercenaires, ni les forces loyalis­tes. Tous sont soumis au même verdict: la mort. Hier Hadjar Marfaïne, aujourd’hui Hadjar Méram. Des Tcha­diens se sont encore entre-tués pour une cause que l’on qua­lifierait d’une cause bête, d’une folie devenue congénitale, d’une folie dont ils ne peuvent finalement se départir. Aujourd’hui encore, des centaines de vies humaines, des centaines de Tchadiens morts dans cette guerre qui, non seulement a trop duré mais a replongé le pays dans la misère, le sous-déve­loppement et l’ignorance. De l’indépendance à nos jours, les Tchadiens n’ont vécu que la guerre. Une guerre fratricide dont on ne connaît ni les objectifs, ni les aboutissants.

Quarante ans de guerre, cela n’a que trop duré. Des centaines de mil­liards engloutis dans !es achats des armes alors que des milliers des Tchadiens meurent de faim. Des centaines d’en­fants tchadiens non scolarisés, pendant que les hôpitaux manquent de médicaments, le pays manque d’infrastructu­res routières, hospitalières et éducatives. Quarante ans de destruction, quarante ans de recul.

Les Tchadiens peuvent-ils seulement se rendre enfin compte de leur bêtise ? Prendre conscience que la guerre à laquelle ils se livrent depuis presque un demi-siècle ne leur a rien apporté, que cette guerre n’a fait que des morts, des orphe­lins, de veuves, des malades, des handicapés à vie, des…

Aiment-ils seulement leur pays ? Ces Tchadiens. Pren­nent-ils seulement un temps pour réfléchir. Si oui, une solu­tion s’impose. Celle du dialogue. Un dialogue qui regrouperait toutes les forces politico- militaires, tous les partis politiques de l’opposition et la société civile. Seul le dialogue sincère mettra un terme à cette folie: Les Tchadiens doivent enfin ; comprendre que seul le dialogue inclusif pourra mettre fin à cette guerre inutile.

Déby doit en cela être le premier artisan de ce dialogue. Car, c’est en acceptant de s’asseoir autour d’une table avec tous les autres opposants politiques et les politico-militaires de l’intérieur comme de l’extérieur qu’il montrera à tous les Tchadiens qu’il est disposé à faire la paix.

Son troisième mandat placé sous le signe du social n’aura son plein sens que quand 1e citoyen lambda se sentirait en sécurité, que les citoyens retrouvent la paix, la quiétude. La guerre n’a que trop duré et endeuillé des milliers de familles tchadiennes. La guerre, la guerre, la guerre. Les Tchadiens en ont marre de cette guerre inutile.

La Rédaction
Le Temps N° 497 du 1er au 7 novembre 2006


Commentaires sur facebook