CSAPR : comment arriver à une paix durable – L’Observateur N°396 du 31 octobre 2006

Le jeudi 26 octobre 2006, le Comité de Suivi à l’Appel à la Paix et à la Réconciliation nationale au Tchad (CSAPR) a organisé une conférence de presse à Inades-formation pour présenter son processus de paix durable au Tchad. Dans ce mémorandum, le CSAPR fait un constat général de la situation du Tchad, il donne son analyse et propose des recom­mandations pour changer le climat poli­tique actuel.

M. Masalbaye Ténébaye affir­me que: « depuis les élections présidentiel­les de mai 2006, la situation politico- socio­économique et sécuritaire du pays est contrastée. Les foyers de tension se multi­plient, la paupérisation de la population est croissante et on note l’absence de la bonne gouvernance. L’insécurité dans les villes et les campagnes exacerbe des conflits intercommunautaires auxquels s’a­joutent les enlèvements, disparitions et arrestations arbitraires. La population civi­le subit des représailles de la part des rebelles et de la part des forces gouverne­mentales ». C’est dire que « les élections n’ont pas apporté de réponses adéquates à la crise politique et le dialogue politique s’est révélé incomplet et insuffisant. Ce qui a engendré une désaffection populaire qui risque d’embraser le pays ».

Pour le CSAPR, il n’y a pas de projet de résolution de crise crédible présenté aux tchadiens. Que ce soit par le Gouvernement ou par la communauté internationale. La crise de confiance perdure entre les acteurs poli­tiques et le pouvoir, entre les acteurs eux même, entre ces derniers et la population aussi. Pour maître Delphine Kemneloum Djiraïbé, « toutes les crises politiques, sociales et militaires peuvent trouver une solution pacifique et durable si leurs acteurs ont de la bonne volonté. C’est pourquoi, nous recommandons au Gouvernement et au Président de la République de proclamer un cessez le feu unilatéral sur toute l’étendue du territoire national et de respecter les accords de Tripoli. Aux partis politiques de l’opposi­tion, nous leur demandons d’accepter de participer au dialogue politique interne dans un esprit de nationalisme pour décrisper le climat politique qui prévaut actuellement. Aux partenaires internatio­naux, à l’ONU, à l’UA, d’œuvrer concrète­ment pour un processus de paix au Tchad en tenant compte des propositions des acteurs nationaux. La France doit adapter son analyse de la situation actuelle à l’é­mergence d’une solution politique adéqua­te aux enjeux tchadiens, elle doit intégrer le dispositif Epervier à une force internatio­nale de sécurisation de ce processus de paix ».

Réndodjo Em-A Moundona
L’Observateur N°396 du 31 octobre 2006


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1 commentaire

  1. Wilfried

    Parler de Paix au Tchad est une demarche louable. je vous en félécite ! Mais le processus n’aboutira qu’avec de grands moyens tant financiers que humains. Je vous propose donc ma demarche contenu partiellemnt dans mon ouvrage : » Tchad reconciliation nationale et rivalité nord sud ». Pour moi il faut cerner toutes ces problématiques avant de pretendre à une paix durable au Tchad.