Assemblée Nationale: La Cotontchad pourvue en argent frais – L’Observateur N°396 du 31 octobre 2006

Les 25 et 26 Octobre dernier, les élus du peuple ont adopté un projet de loi autorisant le Gouvernement de la République du Tchad à donner son aval a deux crédits contractés par la Coton Tchad auprès du Pool Bancaire et renvoyé à plus tard la proposition de loi portant sur le statut du personnel de l’Assemblée Nationale.

Le palais du 15 janvier de N’Djaména a servi de cadre à une séance ayant permis aux députés de discuter sur deux projets de loi dont le plus important est le projet de loi autorisant le Gouvernement de la République du Tchad à donner son aval à deux crédits contractés par la Coton Tchad auprès du Pool Bancaire d’un montant glo­bal de 60.900.000 000 de francs CFA. Ces crédits sont destinés aux financements de la campagne cotonnière 2006/2007 et de la campagne de productivité 2007/2008. Ce jour, la salle de réunion du palais du 15 était pleine de monde compte tenu de l’im­portance du dossier à débattre.

Le Ministre de l’Agriculture Albert Pahimi Padaké, le Ministre délégué chargé du budget Abakar Mallah qui se sont faits entourés pour la circonstance de l’ensem­ble du staff de la Coton Tchad à savoir le PCA, le DG et le Directeur Financier adjoint. Dans leurs discussions, les dépu­tés se sont appesantis à tour de rôle sur les difficultés que rencontrent les cotoncul­teurs avec leur partenaire, la Coton Tchad. Le premier intervenant, le Député Saleh Kebzabo, a tout d’abord félicité le Gouvernement pour avoir introduit ce pro­jet dans un délai raisonnable. Car chaque année, le projet retarde et cela se réper­cute également sur le démarrage de la campagne cotonnière et avec comme corollaire, une partie du coton abandon­née entre les mains des paysans. Cet état de fait crée souvent des malentendus entre les producteurs et la Coton Tchad. Mais aucune solution n’a été trouvée jus­qu’à là. L’élu de la zone cotonnière de Léré, a bien voulu se faire expliquer en quoi consiste l’avantage de l’intégration de l’Huilerie Savonnerie dans l’ensemble Coton Tchad. Et le député Kebzabo de renchérir que c’est cette entreprise qui a soutenu le développement de ce pays depuis plus de 50 ans. Selon lui, il est anormal que les mêmes personnes qui ont fait tomber la Coton Tchad reviennent pour la privatiser Et kebzabo de conclure que le Tchad, qui par le passé tenait la tête en Afrique dans cette filière, devient de nos jours le dernier, pendant que les pays comme le Bénin, le Burkina-Faso, le Mali sont en train de grimper. Pour le député Abass Ali, le dossier coton n’est pas une simple formalité, il doit être bien traité. Depuis l’octroi des crédits de l’année der­nière, qu’y a-t-il eu de concret? II s’est insurgé contre le silence complice de la commission Finances. Il faut dire que les débats ont été très houleux surtout que certains députés n’ont pas hésité à inter­peller le Ministre de l’Agriculture Albert Pahimi Padaké, qui, à l’époque, en tant que député était l’avocat des cotoncul­teurs. Aujourd’hui, Ministre de tutelle, ils attendent de lui des réponses concrètes.

En réponse, le ministre leur a signifié que le problème de la Coton Tchad et les cotonculteurs, est un problème de parte­nariat, car les paysans sont organisés en associations et en ce moment même ils collectent 5 FCFA/kg sur la vente de leur coton et cette somme est placée dans un compte bloqué, pour qu’au moment oppor­tun, prévu pour la privatisation de la Coton Tchad, ils puissent aussi être des action­naires. Selon le Ministre, le gouvernement est en train de fournir des efforts pour que le coton ne soit pas abandonné entre les mains des paysans. Mais, beaucoup de députés n’ont pas trouvé de réponses à leurs questions. Et puisque ce ne sont que des formalités, il faut passer au vote. Sur un effectif total de 142 députés présents, 87 ont voté pour, 1 abstention. Les autres n’ont pas voulu voter. Le projet a été donc adopté.

Le calendrier des députés étant chargé en cette période de fin d’année, le 26 Octobre 2006, les dépurés ont émis le voeu de voter pour une proposition de loi portant statut du personnel de l’AN, le quo­rum n’étant pas atteint, le projet a été ren­voyé pour des observations. Et pour clôtu­rer la journée, les élus du peuple ont suivi avec beaucoup d’attention, la communica­tion du Premier ministre, Chef de Gouvernement sur la situation d’insécurité qui prévaut à l’Est du pays. A l’issue de cette communication, les députés ont adopté une résolution pour soutenir le Gouvernement dans sa lutte pour la res­tauration d’une paix définitive au Tchad.

L’Observateur N°396 du 31 octobre 2006


Commentaires sur facebook