Editorial : La danse du ventre – L’Observateur N° 396 du 31 octobre 2006

Après les récentes attaques de l’UFDD, la Cascidho (Coordination des Associations de la Société Civile) par la voix autorisée de son président Mahamat Dingadimbaye, a organisé un point de presse, le 28 octobre dernier dans lequel il a tout naturellement fustigé le Soudan.

Il s’est livré à des déclarations plus ou moins tendancieuses qui frisent un griotis­me qui ne dit pas son nom. En effet, selon ses sources, non seulement la résidence du gouverneur a été investie, les portes des bâtiments administratifs forcées, permettant à des soudards du 21ème siècle de se livrer à leur sport favori le pillage, les portes de prison ouvertes donnant ainsi l’occasion aux pensionnaires du jour de prendre la clé des champs, mais aussi les dits rebelles auraient pris en otage la population qui aurait été humiliée et terro­risée. Si pour le 1er point les témoignages concordent, il n’en est pas de même pour le 2nd. Bien sûr que ce raid meurtrier aura causé des morts sur le champ de bataille du côté des militaires mais aussi du côté civil victimes des dégâts collatéraux cau­sés par des balles perdues et cela on ne peut que le déplorer car nul n’a le droit d’ô­ter la vie à un homme. Or cette deuxième accusation nous a laissé quelque peu pantois. Car si pillage il y a eu, il aurait été le fait des autochtones eux-mêmes comme c’est d’ailleurs le cas en pareille circonstance. Il a même été révélé par les survivants, parmi la population civile, que les éléments de l’UFDD, se seraient com­portés en vrais gentlemen en payant rubis sur ongle le carburant dont ils avaient besoin. La délégation gouvernementale dirigée par le ministre dé l’Administration du Territoire Ahmat Mahamat Bachir et la presse présente à cet effet n’ont raconté de telles abominations.

Alors cette déclaration à l’emporte pièce faite par le président du Cascidho visait donc quoi au juste? Assurer sa place le plus près possible de la mangeoire ou alors vouloir être plus royaliste que le roi? C’est cela son bon droit si seulement il ne cherchait qu’à amuser la galerie en tra­vestissant les faits. Il y a eu effectivement morts d’hommes et du fait que ce soient des tchadiens qui tombent nous fait tous mal. Mais, cela n’autorise aucunement M. Dingadimbaye qui n’a de droit de l’homme que sa panse de nous faire avaler ses élu­cubrations. Quand on n’a rien à dire, on se tait car si le silence est d’or, la parole elle est d’argent. En tout état de cause, il nous aura servi au cours de son point de pres­se une véritable danse du ventre à l’at­tention de notre calife national. A ce der­nier d’apprécier.

La Rédaction
L’Observateur N° 396 du 31 octobre 2006


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