Après la psychose instaurée par les rebelles: Des Tchadiens réapparaissent de Kousséri – Le Progrès N° 1953 du 4 mai 2006

Mercredi 3 mai 2006, journée historique pour les Tchadiens, qui partent aux urnes pour élire leur président de la République. Apeurés par les menaces rebelles sur les ondes de radios internationales, comme s’ils partaient en week-end ou en visite, certains Tchadiens ont élu domicile à Kousséri, la ville camerounaise voisine, chez un parent, une connaissance ou en louant même une maison.

« C’est une fausse déclaration, même si c’est militaire»

Le temps que l’orage promis le jour du vote passe. « Comment croire quelqu’un qui se trouve à plus de 1000 kilomètres de N’Djaména et qui dit qu’il va attaquer la capitale pour perturber l’élection présidentielle? Va-t-il venir par avion ou par voie terrestre? C’est une fausse déclaration, même si c’est militaire », déclare un cadre tchadien au pont Nguéli, en observant revenir ceux-là qui ont enjambé le Chari. Juste après l’ouverture du scrutin, les tchadiens semblent avoir été rassurés par magie. La masse qui a fait le déplacement à Kousséri est rentrée hier, dans la mi-journée, à N’Djaména, pour voter. Les Tchadiens qui sont rentrés ce matin là, explique le commandant de Brigade de Nguéli, sont plus nombreux que ceux que l’on a vu traverser, il y a deux ou trois jours. « Depuis le matin jusqu’à maintenant, les gens continuent à venir », s’étonne-t-il. Un autre renchérit que, d’autres, plus nombreux, sont entrés par pirogues et divers moyens. Le pont Nguéli est sous haute surveillance de la Police nationale. Une compagnie de la direction générale de la Police nationale est détachée à cette frontière. Elle demande à tout Tchadien rentrant de Kousséri sa carte d’électeur. Pour les Tchadiens qui se rendent dans la ville camerounaise voisine, les policiers vérifient s’ils ont aussi leurs cartes d’électeurs, si effectivement ils ont voté. Dans le cas contraire, la sortie ou l’entrée serait difficile. Les douaniers et gendarmes sont totalement à l’écart.

Le week-end dernier, la ville de Kousséri est submergée de Tchadiens. Même les chambres des auberges sont occupées. Le prix de location a doublé, triplé. Selon les sources, il n’y avait plus de maisons en location.

M.H.A.
Le Progrès N° 1953 du 4 mai 2006


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