Les états majors des candidats évaluent: Après le vote, le temps des comptes – Le Progrès N° 1954 du 5 mai 2006

Après le scrutin du 3 mai dernier, les activités ont repris normalement depuis hier, jeudi 4 mai 2006 au Tchad. A N’Djaména, dans les rues, taxis et bus ou dans les lieux de travail, la présidentielle est en commentaire. Certains apprécient les résultats de leur bureau pendant que quelques-uns justifient les raisons de leur refus de voter. « Ne nous trompe pas, tu as tout simplement peur d’une éventuelle attaque des rebelles. C’est pourquoi tu n’es pas sorti pour voter. » lance une jeune lycéenne à son collègue dans un taxi.

Ce même jeudi, dans certains états-majors des candidats à l’élection présidentielle du 3 mai 2006, des jeunes militants sont présents, l’air inquiet, comme si les résultats allaient être en leur défaveur. Les candidats, pour leur part, évitent tout pronostic. Ils déclarent aux journalistes qu’il est encore tôt pour se prononcer sur les tendances.

Femmes et hommes, fonctionnaires, élèves ainsi qu’étudiants du premier arrondissement municipal de la ville de N’Djaména vaquent normalement à leurs occupations. Farcha, zone industrielle de la capitale, est animée, comme d’habitude. Toutes les sociétés sont ouvertes. On note une forte présence d’usagers devant les entreprises commerciales et de production. Les vendeuses ont du mal à contenir les clients. «Elles ont passé une journée à la maison et veulent se rattraper aujourd’hui», ironise un client sorti d’une société. Les ménagères aussi ont fait le plein de leur panier. Comme la jeune Angèle, qui est allée faire le marché pour sa mère. «Je fréquente les cours du soir. Hier, étant une journée de vote, nous étions restés à la maison. C’est aujourd’hui que le marché est véritablement animé», indique-t-elle. Les boutiques, les restaurants ainsi que les ateliers de dépannage sont opérationnels. Les lycées et collèges sont bondés d’élèves.

La participation a été forte

Du côté électoral, la sous-commission CENI du premier arrondissement s’active dans le dépouillement des résultats des 99 bureaux de vote que compte la circonscription. Les membres de la sous-commission, en présence du président et son adjoint, travaillent sans relâche sur le décompte des différents résultats. Après avoir réceptionné les urnes, les membres de la sous-CENI arrangent les fiches et autres pièces électorales. Ils côchent les résultats devant le nom de chaque candidat. En parcourant la plupart des résultats, les membres de la sous CENI affirment que la participation a été forte. Actuellement, le décompte se poursuit pour avoir une idée précise sur le taux de participation. Ensuite, viendront les résultats par candidat avant d’acheminer le tout vers la CENI.

La direction nationale de campagne du RNDT le Réveil est, quant à elle restée déserte au quartier Chagoua. Un jour après le scrutin présidentiel, aucun membre du parti ne s’est présenté. Dans la cour, deux enfants jouent, à même le sol. Au domicile du président du RNDT le Réveil au quartier Chagoua, M. Albert Pahimi Padacké, l’atmosphère est tendue. C’est le moment de donner les primes aux représentants du parti dans les différents bureaux. Chaque délégué se présente avec sa fiche de résultats pour toucher sa prime. Après une longue attente, la colère gagne les délégués. Ils s’en prennent aux meubles se trouvant dans le bureau du parti situé au domicile de leur président. Après l’intervention de ce dernier, les meubles sont restitués. II s’étonne que ses représentants ne soient pas encore payés. Un jeune de dix-neuf ans s’indigne. II affirme qu’il est parti de Moursal pour un bureau de vote au quartier Farcha. D’après lui, le dépouillement a pris fin à 22 heures. II serait rentré à pied, d’après lui. Pour les délégués, l’argent a été donné par le président du RNDT le Réveil, mais que le coordinateur du parti refuse de les payer. «La jeunesse a voté puis surveillé le scrutin pour vous: C’est ainsi que vous les traitez ? Prochainement, nous ne nous laisserons pas avoir», lance un autre jeune.

A.H.D./A.N.T./E.R.
Le Progrès N° 1954 du 5 mai 2006


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