Après l’échec du raid rebelle: Le CSAPR appelle au cessez-le-feu – Le Progrès N° 1954 du 5 mai 2006

Le Comité de Suivi de l’Appel à la Paix et à la Réconciliation Nationale au Tchad (CSAPR) a rendu publique son évaluation de l’élection présidentielle du 3 mai dernier hier, jeudi 4 mai 2006, à Inades-Formation à travers une conférence de presse. Selon le CSAPR, les populations tchadiennes de toutes les régions ont, encore une fois, exprimé à l’opinion nationale et internationale leur refus de l’arbitrage, de l’humiliation, de mal gouvernance, du mal vivre et leur désir pressant de dialogue, condition sine qua none de paix.

Cette insistance intervient trois semaines après l’échec de l’attaque rebelle à N’Djaména. Le comité note que la «non-participation des populations à l’élection du 3 mai 2006», confirme que, «ni un coup de force militaire ni un coup de force électoral ou institutionnel ne peuvent être une réponse à la crise sociocritique que traverse le pays». Par ailleurs, le Comité de Suivi de l’Appel à la Paix et à la Réconciliation nationale au Tchad regrette le refus catégorique du pouvoir, soutenu dans sa logique par la France, dit-il, d’ouvrir un dialogue national avant toute élection, seule voie possible pour arriver à une paix durable.

Une force mixte pour la sécurité

Tout de même, le CSAPR appelle les groupes en rébellion et les forces loyalistes dans un élan de patriotisme à observer un cessez-le-feu effectif sur toute l’étendue du territoire pour ne pas aggraver les souffrances des populations qui vivent dans des conditions déjà précaires. II appelle également les pouvoirs publics, après cette élection qu’il juge sans engouement populaire, à faire amende honorable et à désigner rapidement le comité de préparation du dialogue national, de commun accord avec tous les acteurs politiques. En outre, le comité demande au gouvernement français de jouer un rôle positif dans la recherche de la paix au Tchad, en soutenant la démarche de la société civile. A la communauté internationale (UE, USA, UA, OIF , ONU), le CSAPR demande de mettre en place, dans un meilleur délai, un groupe de travail sur la situation du Tchad. D’après le comité, ce groupe se penchera sur la composition d’une force mixte devant assurer la sécurité avant, pendant et après le dialogue, et la mise en place du processus de démobilisation, désarmement et réinsertion (DDR), Système de Sécurité et de Réinsertion (SSR).

La présence de militaires inquiète

Selon le rapport officieux d’observation du Comité de Suivi de l’Appel à la Paix et à la Réconciliation Nationale au Tchad, le taux de participation est très faible, la présence des hommes en tenue a inquiété la population, il y a eu distribution de cartes d’électeurs le jour du vote, des procès verbaux mal remplis et non signés, des électeurs désorientés, vote massif d’enfants, organisation frauduleuse de vote de nomades, l’encre non indélébile.

Le taux de participation a été faible

Le vice-président de la coordination du comité, M. Dobian Assingar, a présenté quelques résultats de bureaux de vote choisis dans quelques endroits pour justifier un faible taux de participation. Par exemple, dans le carré BB, d’après Dobian, sur 399 inscrits, il y a eu 50 votants. A Moursal, dans le bureau de vote B, sur 430 inscrits, seulement 65 ont voté. Dans le neuvième arrondissement, à Walia, dans un bureau dont le comité ignore le numéro d’urne, sur 683 inscrits, 83 ont voté. Le vice-président relève que, dans le huitième arrondissement à Diguel, le vote a commencé avec un grand retard aux environs de 11 heures. En province, à Sarh, dans un bureau de vote, sur 196 inscrits, il y a eu 61 votants. A Mongo dans le Guéra, un enfant aurait voté trois fois avec les cartes de ses parents. «Les chiffres parlent d’elles-mêmes. Nous demandons à la communauté internationale d’aider le réseau des associations de la société civile tchadienne à un dialogue national», souhaite la coordinatrice du comité, Me Delphine Kemnéloum Djiraïbe.

Mahamat Hassan Adoum
Le Progrès N° 1954 du 5 mai 2006


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