«Hey ya djama»: Kent avance contre les dictateurs – Le Progrès N° 1956 du 9 mai 2006

ke Taodjidongar Betolngar, alias Kent, vient de sortir son tout premier album de dix titres, intitulé «J’avance». l’album traite des dictateurs ainsi que de l’appétit du pouvoir comme le titre «Hey ya djama», chanté en grande partie en arabe local. «En Afrique surtout, les chefs d’Etat font du pouvoir une affaire de famille. Lorsque le père décède, il veut que son fils lui succède coûte que coûte, J’ai aussi évoqué le cas des dictateurs comme notre ancien président Hissein Habré, Eyadéma, Saddam… ».

Dans d’autres comme la chanson «Outro» (elle ne fait pas le temps d’une chanson normale) entièrement parlée, qui traite de la pandémie du sida, Kent prodigue des conseils sur le test de dépistage. Pour lui, se faire dépister n’est rien d’autre qu’une manière de connaître son état de santé afin d’être en paix avec soi-même. L’album est disponible, en cassettes au prix de 2 000 Fcfa et le CD à 10 000 Fcfa. Les points de vente sont, entre autres, le CCF, le Café Royal, HEC Tchad, le Centre Culturel Don Bosco, l’animateur Ramsès à Moursal, la radio FM Harmonie, etc.

Kent, qui fait également du montage vidéo, évolue dans un style afro-soul. Il a comme références les chansons traditionnelles du pays. «Je suis arrivé dans la musique très jeune, quant j’étais encore au primaire dans une chorale. Je devais, par la suite, me rendre à Moundou, où mon père a été affecté comme commissaire. Là encore, je me suis inscrit dans une autre chorale», relate-t-il. C’est ainsi qu’à: son retour à N’Djaména, il crée, le 14 juillet 1999, ensemble avec Sultan d’Arsenal, le groupe Authentic. De, cette union naissent trois albums. Mais, l’incompréhension qui prévaut au sein du groupe démontre à Kent, qui ambitionne de porter le groupe toujours plus haut, que ce rêve ne sera qu’illusion. C’est ainsi qu’il quitte le groupe pour tenter sa chance au Burkina Faso, le pays où il a enregistré son album. Son retour au Tchad vise à lancer cet album dans son propre pays, avant de repartir à Oaugadougou, pour faire autant, dans son pays d’accueil et, au-delà, toute l’Afrique de l’Ouest. Il a d’autres projets comme celui d’aller à Bordeaux (France) pour des concerts. Le public tchadien, pour sa part, n’a pas été perdu de vue. Le CCF a proposé à Kent une soirée en live prochainement pour défendre son produit. Il a tout de suite accepté la proposition.

Naïm Ahmat Baba
Le Progrès N° 1956 du 9 mai 2006


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