Baccalauréat de juin 2006: Malgré les perturbations, les candidats sont prêts – Le Progrès N° 1960 du 15 mai 2006

da La date du déroulement des épreuves écrites de la première session du bacca­lauréat session de juin est probablement fixée pour le mardi 6 juin prochain. Cette date a été annoncée sur les ondes de la Radiodiffusion Nationale Tchadienne (ANT). L’annonce n’a pas surpris les candidats, moins encore les chefs des établissements, qui affirment être prêts pour affronter les épreuves écrites. Les programmes sont presque finis.

«Nous sommes fatigués des reports de la date de l’examen. Nous voulons seu­lement composer et finir une fois pour toutes». Le terminaliste Oumar Alfaroukh Djibrine du lycée Ibnou-Cina est prêt pour le baccalauréat, prévu, selon certaines sources, pour le 6 juin 2006. Dans ce lycée, les quatre classes de terminale ont presque épuisé le pro­gramme des cours. Les futurs candidats viennent même de composer le bac blanc et attendent, impatiemment, les résultats. «A cet examen, les sujets sont plus corsés. Car, nous voulons mettre nos candidats dans les conditions», révèle le censeur du lycée, M. Abakar Ouba. Dans ce lycée, qui a commencé les cours depuis le 15 septembre 2005, l’am­biance est aux grandes vacances. Dans la cour, les garçons jouent au foot ou déambulent.

De loin, parviennent les voix des filles occupées par des activités ludiques aussi. Ici, les filles et les garçons sont dans des classes séparées. Les élèves font 6 heures de cours par jour au lieu de 5 heures. Ce qui fait qu’ils épuisent le program­me à temps, malgré une bonne dose d’arabe et d’éducation islamique. L’année dernière, l’école a «frôlé les 100% de réussite au bac. Nous devons donc maintenir le cap», confie le cen­seur. «L’essentiel est déjà fait. La date du mardi 6 juin ne nous surprend pas du tout. Il reste maintenant à s’assurer si les candidates sont aussi prêtes pour composer. Je pense que si les filles sont vraiment attentives aux cours, avec ce qu’elles ont eu comme enseignement durant l’année scolaire, il est largement suffisant pour décrocher le baccalauréat», déclare le proviseur du lycée du féminin bilingue d’Amriguèbé, M. Aguid Chiguefa. Dans cet établissement féminin, apprend-t-on que les 3/4 des programmes sont ter­minés. II ne reste que les révisions, la méthodologie de composition et les exercices d’application.

Les filles du lycée bilingue, en plein cours de biologie, le mercredi 10 mai 2006, semblent aussi être prêtes. «Le baccalau­réat se prépare dès le début de l’année. En tant que candidate, mentale­ment, je sais que le bac se déroule en juin. Donc, je ne suis pas surprise par cette annonce à la radio. Sauf que, dans deux matières, on n’a pas encore fini les chapitres. Cela ne m’empêche pas d’affronter les épreuves avec un bon moral», explique la responsable de la classe de TD1, Mlle Tayibè Payzimi.

Une autre candidate du même établissement, mais de la série A4, soutient que les cours de soutien et de rattrapage les favorisent plus. Quelques établis­sements accusent un léger retard dans certaines matières. Toutefois, les chefs d’établissement promettent qu’avec le peu de temps qui reste, les professeurs retardataires peuvent se rattra­per. Le retard dans ces établissements est dû à la campagne pour la présidentielle, aux grèves répétitives et aux affectations en pleine année scolaire par le ministère de l’Education nationa­le. Au lycée de Walia, par exemple, dans le neu­vième arrondissement, les professeurs qui étaient en campagne donnent des cours inten­sifs pour rattraper les heures perdues. Certains reviennent même dans l’après-midi. Le provi­seur de l’établissement, Ngarbatna Ramadji, explique qu’en dehors de la campagne, son éta­blissement n’a pas connu les perturbations des grèves. Etant à l’écart du bouillonnement de la ville, les élèves suivent les cours aisément. Par contre, au Lycée d’enseignement Technique Commercial (LYTECO), le censeur Youssouf Oumarou se plaint des affectations des profes­seurs au milieu de l’année. Les candidats se plaignent plutôt d’absence de professeurs partis en campagne sans revenir et des profes­seurs irréguliers. Pour le chef de classe de TG2F, M. Togbé, un redoublant, en dehors même des cours normaux du LYTECO, des groupes d’entraînement sont consti­tués pour se préparer. Son condisciple Djibrine Chidi Lony observe que, dans cer­taines matières, même le 1/4 n’est pas atteint. Selon lui, les élèves comptent beaucoup plus sur les cours de rattrapage, d’entraînement et les travaux dirigés dans les quartiers. Mlle Rophine s’inquiète pour les matières de base comme la Comptabilité Analytique d’Exploitation (CAE), les mathématiques, la Comptabilité des Sociétés (CS) et l’Analyse Financière (AF). D’après elle, après les affrontements de la capitale du 13 avril, elles ont suspen­du les entraînements nocturnes. Malgré toutes ces difficultés, les candidats au bac­calauréat ne restent pas les bras croisés. Ils dorment à des heures tardives. Ils multiplient les séances d’entraînements, les cours de rattrapage, de soutien, etc. Certains payent des professeurs pour traiter spécialement les sujets dits «types bac». Les littéraires occupent les bois le jour et les éclairages publics pendant la nuit. L’un des grands lycées de la capitale, Lycée Félix Eboué, ne manque pas d’élèves, le jour comme la nuit. Différents groupes d’entraîne­ments occupent les salles de classes libres pour traiter des exercices et des sujets types bac. Un groupe dénommé «Prépa-bac», regroupant les candidats de différentes séries et établissements de la capitale, travaille au sein du LFE. M. Haroun Adoum, responsable du LFE, se réjouit du travail fait par son corps professoral. Selon lui, pour un élève moyen, avec ce qui est dis­pensé, il peut décrocher son diplôme. Les provi­seurs des établissements de la capitale atten­dent encore les listes provisoires des candidats. Ces listes leur permettent de vérifier les noms omis et autres erreurs. L’Office du Baccalauréat prépare d’abord les listes des établissements des provinces avant de s’occuper de celles de N’Djaména.

B.LH. et M.H.A.
Le Progrès N° 1960 du 15 mai 2006


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