A l’effet de l’accord intersoudanais d’Abuja: Rebelles tchadiens et djandjawids seront désarmés – Le Progrès N° 1960 du 15 mai 2006

reb Le gouvernement soudanais le Mouvement pour la libération du Soudan (MLS) ont signé le vendredi 5 mai un accord de paix à Abuja, au Nigeria. Les autres mouvements armés ont refu­sé, ce jour, de parapher l’accord. ­Le MLS justifie sa signature par le fait qu’il n’est pas un mouvement va-t-en­ guerre. C’est en étant prêt de leurs objectifs politiques qu’ils ont accepté la proposition de la signature de l’accord de paix. Le MLS entend pour­suivre le dialogue politiquement. ­Cet accord liant les deux parties comprend trois aspects principaux, qui sont le partage du pouvoir et des sources ainsi que des arrangements sécuritaires. II reste l’application sur le terrain par les deux parties.

Pour le MLS, le premier acquis de l’accord est l’arrêt de l’effu­sion de sang, la cessation des hostilités armées, le respect des droits de l’Homme, le retour des réfu­giés et déplacés. Parmi les urgences, le problème sécu­ritaire et humanitaire. «Pour le problème sécuritaire, nous avons parlé de plusieurs conséquences au Darfour avec les djandjawids. Maintenant, les djandjawids sont retournés contre le Tchad comme des rebelles. L’accord a bien évoqué cet aspect, les djandjawids doi­vent être désarmés. Et, si cela est fait, il y aura un effet positif dans !a sous-région. L’accord prend en compte également le désarmement ou la neutralisation des rebelles tchadiens au Soudan. Cette étape contri­buera à apporter la stabilité au Tchad », repond Mini Arkoui aux journalistes.

Il informe, par ailleurs, que le document prévoit l’arrêt d’effusion de sang au Tchad et au Soudan. II y a des points dont les Tchadiens peuvent profiter plus que les Darfouriens. «La stabilité du Tchad est la stabilité du Darfour. Celle du Darfour est la stabilité du Tchad aussi. Nous avons traité du problème des rebelles tchadiens et des mer­cenaires tchadiens au Soudan, tout comme la question des djand­jawids. Ils vont être désarmés tous», pré­cise Mini Arkou.

La délégation du MLS, dirigé par son prési­dent, a été reçue en audience par le prési­dent de la République, M. Idriss Déby Itno, le vendredi 12 mai 2006. Elle a aussi rencontré le ministre de l’Administration du Territoire, M. Mahamat Ali Abdallah, pour adresser sa recon­naissance à la média­tion tchadienne pour l’aboutissement à cet accord de paix.

Le président du MLS, Mini Arkou Minaoui, à la conférence de pres­se qu’il a donnée le samedi 13 mai 2006, à Novotel La Tchadienne, a déclaré que, l’application de tout accord de paix dépend de la bonne intention des parties signataires. Pour exemple, il cite l’ac­cord le cessez-le-feu signé en avril 2004, à N’Djaména, qui n’a pas été respecté, en son temps, par le gouvernement soudanais, que les mouvements accusent toujours de vio­ler. Mini Arkou Minaoui souhaite qu’il y ait une bonne intention, puis rassure que l’accord sera appliqué sur le terrain par le MLS. Seulement, la non-participation à la signature de l’accord dit-il, des autres mouvements armés au Soudan gêne un peu son mouvement. II lance un appel vibrant à l’endroit de ces mouvements armés de rejoindre les parties signataires.

Parfois l’application prend beaucoup du temps

En ce qui concerne la concrétisation de l’ac­cord, Mini Arkou Minaoui s’appuie sur la com­munauté internationale, qui est, selon lui, der­rière eux, soutient l’accord signé et fait appli­quer les mécanismes internationaux et non nationaux ou locaux. «Nous avons signé les accords les mains libres. Nous n’avions eu aucune pression pour signer cet accord. Nous sommes libres et nous continuons à être libres pour appliquer cet accord sur le terrain. Certes, il y a des parties internationales qui ont été de nos côtés pour que nous signions l’accord. Mais, l’accord en question est signé par les par­ties en conflit parce que la décision leur est lais­sée. Parfois, l’application prend beaucoup du temps et dépend des mécanismes qui seront utilisés pour la restauration de la paix», explique le président du MLS. Le Mouvement pour la Libération du Soudan promet respecter l’accord dans son intégralité. Ce mouvement n’entend pas parler d’accord, si l’un des trois aspects principaux n’est pas appliqué. Pour le conférencier, le temps qui a été retenu pour appliquer l’accord dépend de la période de transition qui finira par les élections à tenir par la suite. Des emplois du temps d’application sont annexés à l’accord et prévoient des choses urgentes à mettre en application tout de suite et, d’autres, à long terme.

Mahamat Hassan Adoum
Le Progrès N° 1960 du 15 mai 2006


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