Avec honneurs militaires et obsèques religieux : Général Moussa Sougui a été inhumé hier – Le Progrès N° 2077 du 31 octobre 2006

Moussa Sougui Les visages crispés, des larmes et des sanglots. Une émotion, puis, un silence implacable, troué par la musique militaire funèbre de fanfare nationale. Le décor que présente la Place de l’Indépendance en cette de matinée du lundi 30 octobre 2006 n’est pas de tous les jours. Le président de la République, Idriss Deby Itno costume sombre, lunettes aussi sombres, quelques conseillers, le 1er ministre Pascal Yoadimnadji, des membres gouvernement, des per­sonnalités des grandes instituti­ons de la République et officiers de l’Armée nationale Tchadienne (ANT) rendent un dernier hommage au vaillant général Brigade Moussa Sougui, par ailleurs chef d’Etat-major premier adjoint de l’Armée Nationale Tchadienne, tombé sur le champ d’honneur, le dimanche 29 octobre 2006, à Saraf Borgou, localité située à une cinquantaine de kilomètres de la frontière soudanaise. Pour lui faire le dernier honneur, le chef de l’Etat l’élève, au rang de Commandeur de l’Ordre National, à titre post­hume, avant de déposer une gerbe de fleurs sur son cercueil couvert des couleurs natio­nales.

A 12 h 20 min, le cercueil du général, porté par une dizaine de ses frères d’armes, est déposé dans un véhicule militaire. Tout autour de la Place de l’Indépendance, jouxtant la cathédrale Notre dame de la Paix, la circulation s’arrête, pour laisser passer le véhicule transportant le corps du général de Brigade Moussa Sougui. Ses frères d’armes, ses parents, amis, les membres du gouvernement, avec à leur tête, Pascal Yoadimnadji, suivent la len­teur de la vitesse du véhicu­le, pour accompagner le vaillant officier à sa dernière demeure, le cimetière de Lamadji, à la sortie nord de N’Djaména. Sur cet axe, les véhicules qui quittent la capitale pour le Grand nord et ceux qui entrent sont immobilisés, par respect à la mémoire du général. Là­ bas, les automobilistes et les motocyclistes, occupant la queue du cortège, peinent à trouver un espace pour garer leurs véhi­cules, tant le nombre des voitures qui les devancent est impressionnant.

Moussa Sougui Dans l’enceinte du cimetière, civils et militaires se bousculent pour être proches de la tombe du général de Brigade Moussa Sougui, créant ainsi un attroupement dense, malgré la canicule que fait peser un soleil de plomb. Ici encore, les larmes coulent et les sanglots deviennent persis­tants. Le cercueil, aux couleurs nationales, trans­porté par les mêmes hommes, est près de la tombe. Les couleurs nationales et la gerbe de fleurs sont retirées. Des hommes en tenue civile et militaire se bousculent autour de la tombe pour y descendre le cercueil. Tous debout, ceux qui ont accompagné, le feu chef d’Etat-major premier adjoint des armées, après la fermeture de la tombe avec une impor­tante quantité de terre, prennent la fatha, pour demander à Dieu Tout Puissant de pardonner tout péché du défunt et de l’accueillir au paradis. La gorge, visiblement serrée, un officier de l’ANT, arborant le grade de vareuses de son uniforme de couleur verte, frap­pée de motifs marron, lance : «Repose en paix, ancien !» Le retour du cortège au domicile du défunt pour les deniers rituels religieux est mar­qué par la disparition de la paire de chaussure du général de Division Messoud Dressa. Chaussettes aux pieds, le chef d’Etat-major de l’Armée de Terre se dirige, tranquillement, vers son véhicule, où l’attendent ses gardes du corps.

Ko-yon Abderamane Boukar
Le Progrès N° 2077 du 31 octobre 2006


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