Moulamma des jeunes. Des diplômés sans emploi – Le Miroir N° 044 du 30 avril 2006

se « D’ici à l’an 2000, les enfants, que vont-ils devenir? », s’interrogeait dans les années 80, le chanteur africain, Pamelo Munka dans une de ses chansons. Avant cette date, les emplois se font rares dans bon nombre de pays africains. Plusieurs jeunes diplômés éprouvent d’énormes difficultés à trouver un emploi à la fin de leurs études.

sr De nos jours, l’on assiste à la prolifération des écoles, instituts et universités publiques et privées dans les grandes villes du Tchad. Du jour au lendemain, bon nombre de jeunes sont formés dans ces différentes institutions dans les disciplines aussi bien spécifiques que variées. Il y a certains jeunes qui quittent le pays pour aller étudier dans d’autres pays. Leurs parents investissent de fortes sommes d’argent pour payer leur scolarité et d’autres charges tels que l’hébergement, la nourriture, les fournitures scolaires, la santé le transport et l’habillement. Et tout ceci durant tout le temps que leurs progénitures mettent sur le sol étranger. Le plus souvent, la durée minimum de la formation est de deux ans. Ces derniers regagnent le pays avec un ou plusieurs diplômes. Ceux qui ont étudié sur place ne manquent d’obtenir leur parchemin. A la fin des études, les portes du marché de l’emploi sont hermétiquement fermées au nez de ces jeunes nantis des diplômes. Même s’il existe des emplois, il n’appartient pas à tout le monde de gagner une embauche. ST L’intégration dans une fonction poubelle se fait sur des critères assez complexes. Pour être intégré à cette fonction poubelle, il faut avoir un parent bien placé dans les hauts lieux ou être dans le parti au pouvoir. La fonction poubelle est devenue une affaire de copinage et de famille. Les mieux lotis sont, le plus souvent, des parents de ponte du pouvoir. Et même pour trouver un boulot dans une entreprise quelconque, ce n’est pas toujours chose facile. Les mêmes pratiques se retrouvent, malheureusement dans certaines entreprises privées. sy Certains jeunes diplômés sont obligés de donner de l’argent ou d’offrir des pots de vin aux patrons avant d’être intégrés à la fonction poubelle ou embauché dans une quelconque entreprise. Outre ces sacrifices consentis aux précieux prix, il arrive que ces jeunes diplômés soient harcelés par les bosses de faire une promesse ferme de laisser un ou deux mois de son salaire au compte du patron. Les jeunes filles diplômées ne sont pas du reste. Certaines filles sont contraintes malgré des diplômes qu’elles ont accumulé dans les universités, les instituts et autres, d’accepter les avances du patron. Pour cela, elles doivent passer sur le lit du dernier avant de gagner le boulot, qui, quelquefois n’est même pas juteux. Ne perdons pas de vue les quelques années d’expérience que les patrons réclament aux chercheurs d’emploi, bien qu’il n’existe pas une école d’expérience. C’est le chômage et la galère. SUTous les jours, certains jeunes errent à longueur de journée dans la ville en quête du travail. En vain. C’est ainsi que bon nombre parmi eux pensant perdent l’espoir d’un avenir radieux deviennent les meilleurs abonnés des bars et des cabarets. Ils passent une bonne partie de leur temps à consommer de la bière et des alcools indigènes pour noyer leurs soucis, disent-ils. En outre, certains jeunes diplômés redeviennent, une fois de plus, une charge supplémentaire pour leurs parents qui fondent tout leur espoir sur eux.

M. Eloi
Le Miroir(Bimensuel d’information, de satire, de caricature d’humour et de bande dessinée) N° 044 du 30 avril 2006


Commentaires sur facebook