Tchad : ce que beaucoup semblent oublier !

Nous assistons ces jours-ci à une panoplie de communications relatives au bourbier tchadien. D’une part, il y a un semblant de concordance sur la manière dont les choses doivent être faites pour arriver à la paix, en l’occurrence la conférence de presse des trois tenors de l’opposition politico–militaire, Nouri, Erdimi et le Dr. Aldjinedi.

D’après les reportages de Ahmat Yacoub et RFI, ces tenors sont d’accord pour une négociation pacifique susceptible de sortir le pays de l’enfer et sur le fait que cette négotiation doit se faire sous l’égide de l’Union africaine. D’autres estiment aussi que les Nations unies doivent jouer pleinement un rôle.

Il fallait s’y attendre. D’une part, le Dr. Aldjinedi participe à la conférence de presse pour une négociation inclusive et de l’autre côté, on nous annonce que le même Dr. Aldjinedi serait en négociation avec le régime de Ndjamena pour réintégrer le bercail. Aussi apprenons-nous et selon les propos tenus par Aldjabir Abdou Djiddou sur le site tchad-net.com, la formation politico-militaire, la CNT, serait en ébulition. Selon l’auteur, le Dr. Aldjinedi ne maîtrise plus les choses et son conseiller semblerait, sur instruction de qui on ne sait, entrain de casser les élans. Ses initiatives seraient aussi entrain de frustrer des poids lourds du paysage politico-militaire tel que le Colonel Ahmat Hassaballah Soubiane, ancien ambassadeur du Tchad à Washington qui, on se souvient, s’était élevé contre la modification de l’article 61 de la Constitution de mars 1996.

Ce que beaucoup semblent oublier c’est que le bourbier tchadien comprend beaucoup de composantes dont les politico militaires. Il a été dit et redit même pendant la conférence de presse des tenors que la meilleure formule passe par le forum de paix inclusif. A cet effet, il y a beaucoup d’initiatives qui font leur chemin mais qui ont besoin d’être harmonisées afin de permettre un minimum de cohérence pouvant aider les amis du Tchad à apporter leur contribution dans la recherche de cette paix souhaitée par la grande majorité des tchadiens.

Cependant, il convient aussi de signaler que les tiraillements des politico-militaires ne sont pas de nature à rassurer quant à l’avenir de l’alternance pacifique. Au risque de nous tromper, nous sommes tentés de spéculer sur les intentions réelles des uns et des autres. Nous devons nous rappeler d’une chose : le concept de l’homme ou de l’organisation providence est révolu. Selon toute vraisemblance et en fonction du besoin urgent de mettre fin à la souffrance du peuple, chose que chacun semble réitérer, mais oublie juste une minute après le discours, l’alternance pacifique reste le seul moyen sûr pour nous de sortir le pays de l’enfer.

Partant, il est temps que tout le monde se prépare à apaiser les esprits afin de permettre la tenue du forum de paix. La transition permettra aux uns et autres de faire des alliances et concevoir un programme de société leur permettant de gagner face aux candidats qui ne réussissent pas à identifier des stratégies plus adéquates et mieux adaptées.

Il nous faut revenir aux vrais problèmes. Allons au forum de paix, à la transition et à l’établissement d’un état de droit avec une démocratie réelle, participative denouée de toutes velléités. La mise sur pied des outils stratégiques pour la construction d’un état moderne, juste, paisible et développé implique tout le monde. Le temps de la confiscation du pouvoir est à jamais révolu. Que finissent les rêves fantaisistes de la confiscation du pouvoir pour assouvir des fins mafieuses.

Dr Djimé Adoum


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