Lettre à l’intention de Mr. le ministre de l’Education Nationale.

En 3ans c’est la 3ème fois que j’écris une lettre à ce ministère. Bizarrement, je m’adresse toujours à des différents ministres. Ceci dit on a eu 3 ministres d’éducation en 3 ans.

Ca c’est grave. Pour améliorer le système d’éducation au Tchad, il faut qu’on trouve un homme fort et compétent et qu’on le laisse là pour très longtemps. Si cet « oiseau » reste introuvable, personnellement je propose un grand homme connu à travers le pays. Et cet homme est capable d’apporter le changement nécessaire. Il s’agit, bien entendu, de Mr. le fédéraliste YORONGAR.


Pourquoi YORONGAR? Qu’on le veuille ou pas Yorangar c’est un grand homme. Si je considère ses réflexions, idées et ses écritures pléthorique voire kilométriques je me permets de dire que Yorongar est un grand travailleur qui est capable de tenir n’importe quel poste ministériel. Je dis cela en connaissance des causes. J’écris des articles depuis l’an 2000. A partir de 2003, je suis capable de « taper » 30 mots en une seule minute. Mais c’est très rare qu’un article me prend moins de 2 heures du temps. Les raisons sont suivantes: D’abord pour écrire il faut réfléchir et mettre les idées en ordre. Cette première partie peut facilement prendre une heure du temps ou plus. De 2, même derrière le clavier il faut une heure ou plus s’il s’agit d’un texte de 2 pages et plus. Malgré tout ça, Mr. le président de parti Fédéraliste Yorongar a le courage de nous écrire souvent des articles de 5 pages ou plus. Nous lui tirons chapeau.


Mes proposition au profit de ce grand homme ne sont pas finies: je propose aussi au Ministre d’Etat et d’infrastructure de construire si possible un autre lycée à Bebedjia pour le baptiser YORONGAR. Félicitation pour l’inauguration du Lycée Pascal Yokoamadji à Doba mais Yorongar mérite aussi un tel honneur. En outre, je propose au Maire de N’djamena de rebaptiser l’avenue Bokossa par l’avenue Yorongar ! D’ailleurs qu’est ce que le dictateur centrafricain a fait pour le Tchad pour mériter un tel honneur?


Revenons au sujet. Mr. le ministre de l’Education nationale, je voudrais m’adresser à vous aujourd’hui dans le cadre d’une démarche exceptionnelle. Vous et le 1er ministre, veuillez vous engager à faire de l’éducation publique une priorité collective. Veuillez également penser à la nécessité d’y investir. L’éducation est la base du développement.


Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, en passant par toutes les régions où les universités, les Lycées et les GEG sont implantés, plus de 100.000 élèves et étudiants s’attendent à recevoir des services de la plus haute qualité. Des services de qualité, cela signifie des services accessibles sur l’ensemble du territoire et bien arrimés aux besoins. Cela signifie ne jamais laisser les jeunes élèves ou étudiants à eux mêmes. J’ai fait mes études secondaires au LNFAA (Lycée d’Abéché). Certains de mauvais souvenirs me reviennent constamment dans l’Esprit. Par exemple, quand on était malade, pas de soin à l’école. Quand on n’avait besoin de conseils, pas de psychologues ni conseillés académiques.


Mr. le ministre, il faut investir de milliards pour pouvoir embaucher des psychologues, des infirmiers et des « travailleurs de corridors ». Ainsi ces derniers peuvent aider les étudiants à s’en sortir des moment difficiles. Apprendre ne veut pas uniquement dire « bicher » ce qu’on nous donne à l’école. Il faut avoir la chance d’être en bonne santé et il faut aussi avoir de bons conseils voire de bonnes orientations. Il ne sert à rien d’être très bien uniquement en Math ou en littérature mais n’avoir aucune idée de la vie réelle ou dans le domaine de travail. Ici je connais bien de quoi je parle.


Ca fait 7 ans que j’étudie et je travaille parallelement (pas de choix pour moi, il le faut). J’ai vite compris que les études et le travail sont deux choses différentes. Certes la théorie qu’on nous donne à l’école nous aide beaucoup. Mais être très bien à l’école ne veut pas nécessairement dire qu’on peut aussi être meilleur dans le domaine du travail. Je connais des camarades qui sont mieux que moi à l’école mais je leur dépasse de loin s’agissant les « travaux ». C’est une question d’expérience. Retenons ce conseil: Tant que nous n’essayons pas quelque chose pour le mettre à l’épreuve, celà reste de la théorie. Cette vie sur terre est une vie très réelle, très pratique, une vie d’action. Les études nous ouvrent les portes bien sur. Mais il faut qu’on sache que notre vie sur terre n’a rien de théorique, mais ça dépend de nous de faire quelque chose qui prouve que c’est ainsi. La lumière du jour est là, mais tant que nous n’ouvrons pas les rideaux, nous demeurons dans l’obscurité. Bien entendu, certains étudiants tchadiens aiment commencer à agir et le faire maintenant mais dans nos écoles il n’y a pas de bonnes laboratoires pour pouvoir mettre leur savoir à l’épreuve. Il n’y a pas de boulots pour les étudiants durant l’Eté. Bref il n’y a pratiquement rien. Cher Ministre, faites des efforts pour beaucoup investir dans ce département qui est plus qu’important.


Mr. le ministre, essayez d’appuyer les profs. Il faut développer les programmes, soutenir l’innovation, proposer de perfectionnement et soutenir la relève qui franchira en grand nombre les portes de lycées ces prochaines années (16 000 candidats au BAC par année).

Mr. le ministre, mieux servir les étudiants, c’est aussi mettre à leur disposition des locaux adéquats, des classes suffisamment larges, des bibliothèques dont les collections sont actuelles, du matériel de laboratoire conforme aux réalités de l’industrie, avec du personnel pour en assurer le fonctionnement. J’exagère peut-être un peu pour un pays pauvre comme le Tchad. Mais si on veut que nos étudiants réussissent bien avec une bonne compétence, il le faut.


Au Tchad le niveau de la majorité des étudiants est bas. Il est effroyablement bas. Il est souterrain. C’est très grave si un étudiant avec Bac +2 ou +3 n’est pas capable de rédiger une bonne lettre. On a tellement peur que les étudiants aient une mauvaise estime d’eux même. On se met au niveau du dernier des derniers, on se couche la face dans le sable. Mr. le ministre, vous, vos conseillers académiques, vos « experts » … avez vous regardé un peu autour de vous (aux pays voisins voire européens), O grands vizirs des sciences d’éducation? Réveillez vous !!!!!


Nous vivons dans un monde de plus en plus compétitif. Oui je sais que pour vous « compétition » c’est un gros mot, car au Tchad, la majorité devrait être égale dans la grande médiocrité collective, mais hors de vos tours d’ivoire, là ou’ le Monde vit sa vraie vie, les indiens relèvent leurs manches, les chinois bossent comme des boeufs, les entreprises canadiennes fonctionnent 24/24, les sud africains avancent même en technologie tout en inventant un drogue ante VIH ou sida, La Libye de Gaddafi se mobilise pour créer un Etats unis d’Afrique avec 2 millions des soldats, L’Europe passe de 10 à 25 pays, Aux Etats Unis d’Amérique les gens bossent 12 heures voire 16 heures par jour pour joindre les deux bouts. Bref les gens travaillent. Mais au Tchad on ne fait que dormir. La plupart des ministres ne travaillent que 4 heures par jour. Certes ils vont au bureau, mais ils perdent une heure pour le dîner. Une autre heure pour la causerie, un demi heure pour son thé ou café. Réveillons nous sinon le Tchad va être à la queue pour longtemps et c’est dans tous les domaines. Maintenant pour réussir, il ne faut pas maîtriser deux langues, mais trois ou quatre. Mettons nous au travail chers compatriotes.


Dans la vie, il faut se mesurer. Il faut qu’on soit capable de s’évaluer et de dire voici ce qui reste à améliorer pour arriver à un bon résultat. Au Tchad, dans notre environnement d’Afrique centrale; la valorisation de la langue française voire celle de l’Arabe et de notre capacité à les maîtriser, à les parler et à les écrire correctement devrait être une fierté. Bien sur beaucoup des compatriotes n’aiment pas apprendre très bien le Français parce que pour eux les Français ont fait trop du mal durant la période coloniale. Mais est-ce que c’est une raison valable pour apprendre cette belle langue à moitié? Un siècle plus tard, je crois que le Français et l’Arabe sont aujourd’hui nos langues officielles et n’empêche qu’on le veuille ou pas. Donc c’est important de bien les maîtriser si possible. Je me permets de dire que le Français et l’Arabe, c’est notre fierté et c’est notre histoire. Ca fait des décennies et des décennies qu’on parle ces langues. Donc on devrait les traiter avec le soin le plus infini.


Pour terminer, investir dans l’éducation publique est payant pour le pauvre Tchad: c’est former des diplômés qui sont capables de mettre en oeuvre leur savoir et leur savoir-faire dans les domaines du travail. C’est développer les compétences de « technologies » (quasi inexistante). C’est aider les adultes et soutenir l’élan socioéconomique des régions. Bref investir dans l’éducation publique, c’est assurer de demeurer dans la course (du développement mondial) tant collectivement qu’individuellement. Je vous prie d’agréer, Mr. Le ministre, mes souhaits et salutations distingués.

Votre compatriote%%
Mahadjir.fils
Amérique du Nord.


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