A l’image de l’Union qu’il represente au Tchad !

Pour l’Union Européenne, les souffrances des peuples africains importent peu. Il faut à tout pris soutenir les dictatures. A quand le reveil ?

Il n’y a aucun doute ! L’Union européenne recolonise l’Afrique, du moins certains pays où les dictatures battent leur plein avec le support tacite de son représentant. Le cas du Tchad illustre les malfaisances de cette union qui continue de jouer son double jeu barbare. Il est temps que cesse cette tragi-comédie. Voyons ensemble le jeu machiavélique de l’Union européenne dans quelques pays africains.

Prenons par example le Togo. Tout le monde sait que les élections au Togo ne devaient même pas avoir lieu. Peu importent les qualifications du filston Faure Eyadema. La mascarade a eu lieu et le filston est bel et bien président à vie au Togo. Avec l’aide de l’Union Europeenne, il continuera l’œuvre « bienveillante » parainée par l’Union Européenne que son feu père Gnassinbe Eyadema n’a pu accomplir malgré le fait qu’il occupa le pouvoir pendant presque 40 ans.

Le Congo Kinshasa, avec le fils Kabila n’en est pas moins illustrant. Tout fut mis en œuvre pour empêcher la participation du parti historique d’Etienne Tshisekedi pour garantir « l’élection » de Joseph « Kabila ». Ailleurs, notamment au Gabon, Congo Brazzaville, en République Centrafricaine et au Cameroun, l’Union Européene a endossé les hold-up électoraux. Le cas du Tchad est ahurissant. Voici ce qui se passe en ce moment.

Il n’y a pas longtemps l’Union européenne s’est immiscée dans l’engrenage du bourbier socio-politique du Tchad. A un certain moment, les partis politiques et la société civile ont pu s’asseoir avec le gouvernement pour trouver une porte de sortie à la crise. Juste au moment où les choses semblaient avancer, le President Deby change d’avis et renvoie le processus aux calendes grecques. Les autres crient au scandale. Au lieu de venir en sapeur pompier, le representant de l’Union européenne convoque les participants qui ont osé évoquer les insuffusances du processus. Selon le r’ecit du député fédéraliste Yorongar, le representant de l’Union européenne dicte une conduite à tenir conforme à l’humour de l’occupant du Palais Rose.

Le point de divergence : pas question d’organiser un recencement de la population avant les élections législatives. Il importe peu de savoir le nombre de tchadiens en âge de voter avec précision. La magouille de récensement électoral qui a permis au pouvoir au Tchad de modifier la constitution pour donner une présidence à vie à Idriss Deby peut se poursuivre sans problème avec la bénédiction du représentant de l’Union européenne au Tchad. En d’autres termes, l’Union européenne se satisfait du chaos actuel au Tchad et est prête à le soutenir contre la volonté populaire de rejet que les Tchadiens ont manifesté lors du referendum sur la modification de la constitution et de la mascarade d’élection présidentielle de 2006.

Apparemment, lorsque Jacques Chirac disait il y a quelques années que la démocratie, concept universel s’il en est, est un luxe pour l’Afrique, il n’exprimait que l’opinion des européens sur l’Afrique. Et pourtant, les maliens, ghanéens, béninois, nigériens ou mauritaniens, pour ne citer que quelques pays francophones, ont fait la preuve depuis longtemps que les africains aussi peuvent asseoir des régimes démocratiques. Malgré cette preuve, le représentant de l’Union Européenne au Tchad continue à penser le contraire.

Peu importe le désir des peuples d’Afrique francophone de jouir de leurs droits constitutionnels, l’union françafricano-européenne veut continuer à faire croire que les africains ne sont que des enfants comme à la bonne vieille époque coloniale. On serait tenté de penser que l’Afrique centrale sert de laboratoire de discréditation des africains avec l’imposition, à la tête des Etats, de personnes qui semblent privilégier leurs « relations » avec l’Europe au détriment de leurs peuples.

Au Tchad où le pétrole commence à rapporter de grosses sommes qu’aucun gouvernement tchadien n’a eu à gérer depuis l’indépendance nominale du pays, l’Union Européenne doit encourager au développement démocratique pour une gestion transparente au lieu de favoriser le statu quo. La misère qui pousse les jeunes africains vers l’Europe à la recherche d’une vie meilleure s’estomperait si la bonne gouvernance prenait le pas.

Au vu de tout ce qui précède, il est permis de se demander quand l’Europe laissera l’Afrique prendre sa destinée en main. L’action récente des protagonistes de la crise ivoirienne et la médiation du Président Blaise Compaore laissent entrevoir quelques perspectives heureuses. En effet, sans ingérences européenes, des africains se sont assis, entre eux, pour trouver les moyens d’avancer dans la recherche du solutionnnement du bourbier ivoirien. Les ivoiriens ne sont certes pas au bout du tunnel mais contrairement à ce que l’union françafricano-européenne fait en Afrique centrale, ceux de l’Afrique de l’ouest semblent vouloir rompre avec les esprits de coloniaux et prendre leur destinée en mains.

Ce n’est que le début mais ces initiatives sont porteuses d’espoir même si elles doivent tergiverser pendant quelque temps. Nous demeurons convaincus que ce ne sera pas 17 ans, 25 ans et 39 ans. Que cessent la mauvaise foi et les insuffisances.

Dr. Djimé Adoum


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