Quand le scandale dépasse l’entendement !

Dr Djimé Adoum Le site en ligne (tchadactuel.com) nous apprend que le Président Deby a envoyé un cendrier attérir sur le visage du Premier ministre Dr. Nouraddine Delwa Kassiré Coumakoye. Selon toujours le même site, la colère du Président Deby était liée à la proposition d’augmentation de salaires faite par le Premier ministre par rapport aux revendications des syndicats. Nous rappelons que les syndicats sont en grève sèche plus d’un mois. Ils réclament une augmentation de 30 pourcent. Ces récits, s’ils sont confirmés, sont en effet très troublants pour deux raisons principales. D’abord, et selon tchadactuel, le premier est envoyé in extremis sur Paris pour se soigner de sa blessure.

Si tel en est le cas, le Premier Ministre n’avait aucune raison de causer au hazard comme il l’avait fait sur les antennes de RFI. Nous savons bien que le pays va très mal et qu’il est même agonisant. Cependant, cette agonie ne devrait pas être une licence pour le President Deby de se comporter de cette manière vis-à-vis de son Premier ministre. Quelque soit la deliquescence de de l’Etat et l’irresponsabilité de ceux qui sont aux commandes, les fonctions de président et de premier ministre entraînent avec elles des obligations de comportement qui doivent être plus honorables.

Même si nous notons que la honte a quitté les cieux de la république depuis belle lurette, ce genre de comportement ne fait la fierté ni de la victime, encore moins de celui qui tient encore les reines de l’Etat. Tout en sachant que la marge de manœuvre de ceux qui broûtent là ou ils sont attachés est réduite, le 21ème siècle requiert d’autres méthodes, c’est à dire la bonne gouvernance, la vraie démocratie permettant aux citoyens d’avoir leur mot à dire dans la gestion du patrimoine national. Ce n’est pas une affaire privée et quelque soient les mobiles, la chose publique finira par devenir publique. Les pâturages malsaints finiront par s’assécher, même pour les chèvres. Mieux vaut amenager un espace verdâtre élargi permettant à tout le monde de paître paisiblement et en fonction des capacités des uns et des autres.

Les caricatures publiées à ce sujet (tchad-net.com), qui, dans des conditions normales seraient des exploits artistiques à valoriser, font très mal. Déjà les émissions d’Africa n01 se sont moquées du pays de Toumai en affirmant que le Tchad est le seul pays de la sous-région où les gendarmes ne savent ni lire et ni écrire mais qui assurent le contrôle et vérification des papiers justificatifs. Il est temps d’arrêter et la gestion familiale des affaires publiques et les comportements irresponsables qui font de notre pays la risée du monde entier. Il est temps que la courtoisie soit de règle dans les rapports entre ceux qui se sont arrogés le droit de diriger la république.

On nous signale que pour calmer les esprits des « Banana » échauffés, Daoussa Deby, grand frère du Président, serait intervenu pour que Dr. Coumakoye soit évacué sur Paris et que le neveu se serait exécuté, entendez par là, le ministre des finances.

Si nous devons tirer les leçons de l’histoire, nous dirons que les comportements, nettement inférieurs à ceux d’un chef de village, doivent faire place à une gestion responsable de l’Etat. Les mauvaises humeurs doivent être contenues et des rapports faits de courtoisie doivent s’établir entre les « dirigeants » de ce qui reste du Tchad. La gestion familiale aussi doit faire place à une gestion normale de l’Etat selon les règles de l’art connues de tout régime démocratique.

Les raisons qui ont entraîné le décollage du cendrier sont bien connues. Les Tchadiens sont fatigués de demeurer pauvres alors que leur pays est devenu producteur de l’oir noir pour lequel des sommes faramineuses ont déjà été versées mais qui sont utilisées à d’autres fins.

Autrement dit, il aurait fallu un peu de concertation entre le Premier des ministres et son chef pour empêcher des comportements qui n’honorent ni le « premier responsable » du Tchad, ni l’Etat lui-même. Ne dit-on pas que la violence est l’arme des faibles !

Dr Djimé Adoum


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