Lettre à l’intention de Mr. le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique!

Monsieur Ahmat Mahamat Bachir,


Il y’a quelques mois, on parlait de l’insécurité un peu partout à l’Est du pays. La crise de Darfour et ses corollaires, les 250.000 réfugiés soudanais, les guerres entre ANT et les maquisards, les Toroboros du MJE … ont basculé la vie stable de cette région. Il a fallu un état d’urgence de 6 mois.

Aujourd’hui, il est évident que l’insécurité est en train de prendre de l’Ampleur. Les coupeurs des routes deviennent de plus en plus nombreux dans les régions méridionales et aux alentours de la capitale. Des tueurs masqués se permettent de tuer en plein coeur de N’djamena. Ces nouvelles prouvent que le pays n’est pas sécuritaire. Les n’djamenois vivent dans la misère totale sans électricité ni eau potable à 45 degrés sous l’ombre. On ne peut pas en plus tolérer qu’ils vivent dans la peur.


En tant que ministre de l’intérieur et de la sécurité publique vous devez prendre vos responsabilités afin d’apporter une sécurité totale dans ce pays en voie de chaos. A votre place, la sécurité de tous les citoyens devrait être la première priorité. Comme la sécurité fait partie de notre quotidien c’est rare de parler de la « sécurité » quand tout va bien. C’est lorsque des crimes, des vols à main armée, d’assassinats, des violences et des événements bouleversent notre vie que nous réalisons tous à quel point la sécurité est pourtant essentielle. Sans sécurité rien n’est possible. Sans sécurité il y’aura pas de développement. Sans sécurité il y’aura pas la justice. Bref sans sécurité il n’y aura pas de PAIX.


Les tchadiens qui vivent à l’intérieur du pays et ceux qui vivent loin du pays natal à des milliers de kms, nous sommes tous bouleversés de dernières mauvaises nouvelles. Il y’a longtemps, le jeune patriotique de la « camojet », Abba Adoum, a été assassiné par une grenade à 5h du matin dans sa chambre à coucher. La raison reste inconnue. Il y’a quelques mois, Moly Hissein, un officier de la police (un colonel) a été froidement abattu en plein soleil à N’djamena par des criminels. Pourtant le colonel policier a juste intervenu dans le cadre de son travail. Ses camarades policier n’ont pas eu le courage d’arrêter les meurtriers. Il y’a quelques semaines, le jeune homme Hammat Issakha Diar a eu des visiteurs nocturnes masqués et armés dans l’intention de l’assassiner. Heureusement pour lui l’attentat a échoué. La semaine dernière Doouchi Koreydo, une mère des enfants, a été abattue à bout portant devant ces enfants par des hommes masqués pour des raisons toujours inconnues. Si ces meurtriers tuent même des femmes, cela veut dire que personne n’est à l’abri d’assassinat. Nous allons tous finir par mourir un jour mais être exécuté froidement fait trop mal.

Avant que j’oublie, en cette douloureuse circonstance et face à cette épreuve difficile pour les parents de Doouchi Koreydo, de Moly Hissein et de Abba Adoum, j’adresse mes sincères condoléances et ma sympathie à tout le monde. Que Dieu repose leurs âmes en paix. Mr. le ministre de tels crimes ne doivent pas être pardonnés si on veut la paix et la sécurité au Tchad. Des criminels aux moeurs légères qui ne donnent même pas pardon aux femmes doivent être punis.

Le passé et le présent en témoignent, le Tchad n’a jamais eu la paix depuis l’indépendance. Qui ne se souvient pas des guerres entre Frolinat et les régimes de Tombalbay – Maldoum, entre FAP et FAN, entre MDD, MDJT et MPS, et encore aujourd’hui entre FUC, CNT, RFC, UFDD et MPS? Ces guerres interminables sont à l’origine de mésententes entre les tchadiens. On ne se comprend pas, on ne s’aime pas, on fait de la zizanie et on continue de faire la guerre sans savoir la cause ni les conséquences. La guerre est la pire des choses. Si on continue dans la voie de la guerre, un jour le pays va se diviser en 1000 morceaux et notre cher Tchad va être un « état néant ». Chers compatriotes, déposons les armes et dialoguons pour trouver cette paix longuement recherchée. « La paix et l’Amour sont toujours présents en nous. Mais nous ne savons pas toujours être présents à la paix et à l’Amour » a dit le savant Julien Norwich.


Mr. le ministre, si les crimes odieux n’arrêtent pas vite, ça va se généraliser. Et tout le monde doit savoir que de tels crimes n’arrivent pas uniquement qu’aux autres. Les chinois disent: « Quand la case de ton voisin prend feu, mouille le tiens ». On doit tous être prudents et chercher une solution à cet état d’insécurité. Donc il ne s’agit pas d’être alarmiste, mais de miser sur la sécurité publique qui exerce sa mission fondamentale, soit celle d’assurer la sécurité des citoyens ainsi que leurs biens en situation d’urgence. En effet, la mission première pour un ministre de sécurité c’est de sécuriser tout le monde sans distinction.

La responsabilité gouvernementale doit se refléter dans l’action individuelle. Chaque citoyen doit dénoncer si un proche ou un ami ou un partenaire commet un crime odieux qui met la vie des autres citoyens en danger. Si on cache un crime pour un ami ou un parent, nous ne sommes pas entrain de l’aider. Au contraire on l’encourage de faire du mal. Et l’impuni criminel risque de récidiver. Sans l’aide de la population, le gouvernement seul ne pas être en mesure de retracer tous les criminels. la sécurité civile c’est donc l’affaire de tous. Cependant, le ministre de la sécurité doit être vigilant, fort et compétent.


En terminant, cher mr. le ministre, veuillez unir vos forces pour le maintien d’un milieu de vie agréable et sécuritaire. Rappelons nous que ce que l’on sait, ce que l’on peut et ce que l’on fait peut faire toute la différence en situation d’insécurité totale comme c’est le cas au Tchad de nos jours. Si peut-être que vous vous sentez incapable, incompétent face à cette situation dramatique et catastrophique, la meilleurs des solutions c’est de démissionner et laisser la place à un homme fort et compétent. Je me demande aussi pourquoi le gouvernement tchadien confie le poste de ministère de l’intérieur et celui de la sécurité publique à un seul homme ? Dans un pays comme le Tchad on a besoin d’un porte feuille appelé « Sécurité Publique » à part entière. Le pays va mal. Les fonctionnaires sont en grèves. Les coupeurs des routes confisquent les biens de paisibles citoyens à toutes les occasions. A N’djamena on tue à bout portant. Alors c’est difficile d’être ministre de l’intérieur et en même ministre de la sécurité publique à ce que je sache. Je vous souhaite d’être grand et fort Mr. le ministre pour pouvoir relever ce grand défi, celui de ramener la sécurité perdue. « Quel que grand que soit le poste, celui qui le tiens doit se montrer encore plus grand » a dit Mr. Gracian. Merci pour votre lecture et bonne fin de semaine.


Votre compatriote
Mahadjir.fils
Amérique du Nord.


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