Appel d’un ami du Tchad

Dans le cadre de mes activités professionnelles qui m’ont amené à parcourir plusieurs pays du globe, j’ai eu l’avantage de connaître le Tchad au début des années 70.

Bien que n’y étant plus, je me suis toujours intéressé aux sites Web de ce pays qui m’avait fasciné dès ma première visite. C’est un pays merveilleux aux richesses apparentes largement méconnues. Son peuple est l’un des plus accueillants et entreprenants du continent.

J’ai toujours parlé du Tchad, en ces termes, à mes connaissances et amis qui me posent, naïvement assez souvent, la question de savoir pour les tchadiens ne parviennent ils pas à instaurer une paix durable dans leur pays ?
Après avoir longtemps hésité, j’aborde aujourd’hui, sans détour, cette problématique dont les principales causes sont le pétrole et la position géostratégique du pays.

1. le Pétrole : Le régime de Khartoum a eu la ‘’fâcheuse idée’’ de confier l’exploitation du pétrole du « basin Soudan » aux chinois. C’est qui est inadmissible pour les ‘’autres’’ pour deux (2) raisons ;

1.1 Les « autres » considèrent, de plus en plus, la Chine comme un adversaire voire ennemie redoutable pour l’avenir, donc à surveiller de près. Empêcher, par tous les moyens, la Chine à accéder à des ressources énergétiques vitales à son économie qui enregistre l’un des taux de croissance les plus forts du monde.

1.2 Le pétrole du Soudan (Sud) entre dans la configuration du « New Meadle East » priorité de stratèges travaillant pour certains groupes de pression qui veulent mettre en place une ‘’international nodality’’.

Pour ces raisons géostratégiques visant à redessiner la carte du « Nouveau Moyen Orient » et qui sont d’ailleurs récusées par de nombreuses grandes nations occidentales (il est important de le souligner), le Moyen Orient qui assure aujourd’hui une part importante de l’apprivoisement des occidentaux en pétrole, pourrait entrer dans un long cycle d’instabilité.

2. Position géostratégique : Pour les stratèges, il est donc impérieux de trouver, de sécuriser et de mettre sous contrôle, une autre source d’approvisionnement en pétrole. Le golf de Guinée (Guinée Equatoriale, Gabon, Congo, Angola, Tchad, basin sud Soudan, etc) riche en ressources énergétiques a été identifié et retenu.

Il est donc inadmissible de concéder l’exploitation du pétrole du basin du sud soudan aux chinois. Tous les moyens seront déployés pour faire échouer cette entreprise.

Puisque la carte angolaise avec John GARANG (qui payera le prix fort pour avoir souhaité négocié avec Khartoum) n’est pas vendable sur la plan international ( elle oppose le Sud chrétien et animiste au nord musulman) il faut trouver une carte plus mobilisatrice. Les stratèges retiennent de traiter avec les ethnies de l’ouest du Soudan (Darfour) qui représentent le gros de l’effectif qui a fait face aux rebelles de GARANG durant plusieurs décennies. Il convient de souligner que ces ethnies sont marginalisées par le pouvoir central, elles ont aussi participé à la mise en place d’un nouveau pouvoir au Tchad, pays qui attend des revenus pétroliers importants. Les cousins du Darfour sont en droit d’exiger le retour de l’ascenseur de certaines hautes personnalités de N’djaména qui leur sont redevables.

Cette nouvelle carte sera « vendue » sous l’accroche « d’opposition entre arabo-musulmans (régime de Khartoum) contre négro-africains (rebelles du Darfour)» thèse plus mobilisatrice de moyens car s’inscrit bien dans la logique de la lutte contre le terrorisme.

La rébellion du Darfour est ainsi recréée et renforcée à partir de N’Djaména à la fin des années 90, début 2000. Rappelons que cette procédure n’est pas la première du genre, il y eu ailleurs, l’utilisation d’autres peuples pour des causes qu’ils ignorent : Kurdes en Irak sous le Dictateur Saddam, Pachtounes et Moudjahiddines en Afghanistan, harkis en Algérie, Zoulous contre l’ANC , etc. En Amérique latine les exemples sont nombreux.

Concernant le Darfour, la résistance du régime de Khartoum qu’ont donnait pour battu dès les premières batailles est inétendue pour les stratèges. Tout comme l’utilisation, par la dictature islamiste de Khartoum, des Djandjawids (cavaliers arabes et d’autres ethnies non arabes telles que les bargos, hostiles aux Zagawas majoritaires dans la rébellion du Darfour). Cette méthode avait été utilisée par le Président tchadien François Tombalbaye qui s’est servit des éleveurs nomades (arabes) contre le Front de Libération Nationale du Tchad (FROLINAT) dans les années 70.

Je lance un appel pressant pour que le monde entier se mobilise afin d’arrêter les souffrances des populations innocentes du Darfour et de l’Est du Tchad permettant ainsi au Tchad de consacrer ses revenus pétroliers pour son développement. Pour que cette mobilisation soit efficace elle doit se faire sans partie pris ni passion, en ayant en mémoire les réelles causes des souffrances de ces populations, causes qui n’ont rien à voir avec les intérêts des populations du Darfour et de l’Est du Tchad.

Le silence incompréhensible et dilemmatique de l’élite tchadienne s’explique, en partie, par sa parfaite connaissance de la triste réalité des causes réelles du drame du Darfour et les pertes inestimables dans plusieurs domaines enregistrées par leur Pays. La balle est dans le champ des dirigeants et de l’élite tchadienne : le monde vous observe, l’histoire vous jugera

Un ami du Tchad


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