La panse contre la paix

Décidemment les hommes politiques tchadiens surtout ceux de la CPDC, viennent une fois de plus, ce lundi 13 Août 2007, nous montrer la vraie nature de leur combat politique. En passant en revue le contenu des clauses lu à la radio et à la Télévision nationale, l’on est en droit de se poser sur les mobiles réels de ce revirement politique qui résulte non plus d’un acte majeur de recherche de paix mais d’une illusion de paix sur fond d’un mirage de positionnement des personnes issues de ce regroupement en perte de légitimité vis à vis de la population.

Même si la traversée du désert a été longue, le compris ménagé adroitement par l’Union européenne pour défendre et maintenir les intérêts de la France et ceux de IDI est un véritable danger pour la paix et la stabilité future du Tchad. Cependant je respecte votre choix politique mais sachez que à l’ère où les informations même les plus confidentielles se diffusent à la vitesse de la lumière, vous ne pouvez pas nous jeter de la poudre aux yeux.

Qu’à cela ne tienne, je voudrais savoir qu’est ce qui a changé sur la nature du pouvoir au point où cet accord révèle être nécessaire ? Décidemment rien n’a changé pour ne pas dire tout s’est empiré en dehors des ressources du pétrole dont on connaît la destinée. Chers aînés allez fouiller les accords sur la CPDC, allez comprendre l’accord politique de 2001 entre le MPS et le RDP, allez lire la kyrielle des accords politiques signés avec les politico militaires depuis 1990 et allez enfin dépoussiérés vos archives de la conférence nationale souveraine.

A la lecture de tous ces documents, vous vous rendrez compte que le problème n’est pas de signer un accord avec des textes pertinents sous la médiation d’une institution extra continentale genre UE. Allez comprendre quelque chose au Togo et en Côte d’Ivoire. Vous vous trompez des priorités de paix et d’interlocuteurs. Ne dit-on pas que les accords n’engagent que ceux qui croient. Allez comprendre quelque chose de la cohabitation en France des années 80. Un proverbe chinois dit « si quelqu’un vous trompe une fois il a tort, s’il vous trompe deux fois vous avez tort ». Mes chers politiciens, que ferez-vous de la constitution modifiée à la guise d’un homme ? Comment régleriez-vous la crise de l’Est avec les frères en armes ? Que devient maintenant le dialogue inclusif ? Et la crise sociale qui perdure ? De quels moyens de pression disposez-vous pour faire infléchir le Président sur ces questions sensibles.

L’accord électoral que vous parapher est il plus important que les menaces qui pèsent sur la paix. La réponse est certainement non et non. Sans vouloir jeter d’anathème sur ce jeu politique qui procède d’une logique de survie politique ou d’une stratégie d’adaptation politique, votre acte promet des lendemains qui déchantent. Sachez enfin que toute situation de guerre trouve sa justification dans la situation de paix qui la précède. Vous avez fait le choix entre la panse et la Paix. Que Dieu secourt le peuple meurtri du Tchad. En attendant je vous souhaite une franche collaboration et un bon appétit dans le gouvernement, nous autres essayerons encore de réfléchir sur les conditions d’une vraie paix.

Mahamat Abdoulaye


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