Contrôle d’Etat : la méthode d’OKoromi

La création du ministère du contrôle général de l’état de la moralisation a suscité au sein de la population tchadienne, au niveau des ONGs, les partenaires au développement et la société civile un engouement tel que nous avons espéré enfin, que le problème qui mine notre pays est résolu et stoppé. Je parle de la corruption et les détournements des deniers publics.

Trois ans après sa création, les résultats escomptés ne sont pas atteints. Pourtant pour lui permettre d’atteindre ses objectifs, l’état a mis des ressources importantes à ce ministère nouvellement crée.

Il est évident aux regards de ces résultants médiocres et la méthode de travail de ce ministère, on a le droit de se poser un certain nombre de questions même si on n’a pas la réponse aussitôt.

La plupart des missions de contrôle ont été effectuées dans les projets. On s’étonne pourquoi le ministère se focalise uniquement à contrôler les projets qui ont une durée vie limitée. A ce niveau, il faut dire par rapport aux autres institutions de l’état, les projets sont bien outillés en matière de procédure de gestion. Ils sont généralement bien suivis par les partenaires qui les financent. Les procédures de décaissement de fonds sont généralement autorisées par les bailleurs. Même si quelque fois, il y a de dérapages par ci par la, ces dérapages ne peuvent être que dérisoires et sont maitrisables. Il faut ajouter aussi, du fait de l’inexpérience et par manque de méthode de travail, la durée de mission de contrôle est très élastique à titre d’exemple au PASS (projet d’appui au secteur santé) la mission de contrôle à presque deux ans, elle n’a pas encore fini. C’est la même partout, des missions ponctuelles envoyées pour une durée déterminée. Mais les délais ne sont pas respectés. On se demande si ces missions sont rémunérées, alors dans ce cas, l’état perdrait beaucoup. Ces missions sont gênantes pour les structures d’accueil, le travail est bloqué pour satisfaire ces agents insolents et corrompus.

Est-il possible de contrôler tous les projets, en allant fouiner dans les archives vieux de 5 à 10 ans ? Je pense pour être efficace, ’il faut aller à l’essentiel. D’abord, par des enquêtes, il faut cibler le projet en question. Ensuit la composition de la mission doit être étoffée par des ressources humaines compétentes et honnêtes donc dispose le ministère.

Le choix pour engager et recruter des agents pour le compte du ministère de contrôle d’état doit être judicieux et réfléchi et suivi par une formation spécifique dans le domaine de contrôle. Créer, une structure interne pour suivre la moralité des agents. Il est de même pour le ministre qui doit piloter ce département, il doit être choisi parmi les tchadiens réputés honnêtes et compétents.

Le ministre actuel, on connaît bien son passé. D’ailleurs par inadvertance, il aurait envoyé une équipe de mission de contrôle à la coordination du projet pétrole comme il a l’habitude de faire dans les projets. Une fois l’équipe sur place, le comptable actuel dudit projet, connaissant bien la gestion de son prédécesseur (ministre actuel de contrôle d’état) à travers les dossiers, a remis tous les dossiers y compris ceux gérés par le ministre. Un bref coup d’œil suffit pour s’en apercevoir la gravité des malversations. Les agents sont obligés de faire une petite restitution au ministre avant de continuer leur boulot. C’est ainsi, le ministre a décidé d’arrêter cette mission. En même temps, une autre équipe a séjourné au HCND (haut commissariat pour le déminage) ici c’est encore plus pire, sans aucunes procédures de l’argent liquide a été retiré. Des millions des cfa sont rentrés dans les poches des individus. Le ministre du contrôle a demandé à son collègue du plan de remplacer les agents mêlés à ces détournements. Le ministre du plan, avant de prendre cette décision, a réclamé le rapport du contrôle d’état qui incrimine ces agents. Après plusieurs interventions de son collègue ministre du contrôle d’état, le ministre du plan a fini par comprendre que les agents en question sont de la famille du PR. Les agents sont renvoyés mais l’argent de l’état, des millions de cfa ne seront pas restitues même le rapport de la mission n’a pas rendu public.

Les résultats de différentes missions de contrôle dans les projets ne sont que des trompes l’œil, en réalité, les chiffres avancés sont fallacieux. Une mission de contrôle qui n’est pas finie, on ne peut pas se permettre d’avancer des chiffres. D’autant plus qu’on demande encore aux concernés de justifier ces montant et l’autre on brade pour dire à l’opinion nationale comme si c’étaient des recouvrements au profit de l’état.

Pour assainir le pays, il faut commencer par le contrôle d’état. Les cadres ramassés dans les différents départements sont très corruptibles. Il faut faire un petit tour au niveau de leur ministère pour remarquer. Ils ont un train de vie élevé. Ils sont souvent véhiculés et possèdent comme leur ministre des nombreuses maisons et jardins au alentour de n’djaména. Le Ministre est vachement riche. Par ce contrôle, il extorque de l’argent. On a vu des individus qui sont impliqués dans des détournements avérés sont sorties indemnes.

Pourquoi ce ministère ne s’évertue t-il pas à stopper l’hémorragie maintenant au niveau de l’état au lieu de perdre tout son temps dans les projets. On sait que les projets ne représentent rien par rapport au manque à gagner au niveau de l’état. L’essentiel des malversations s’opère dans le public, donc il y a lieu à mettre des gardes fous et préconiser des mesures dissuasives afin d’arrêter ce qui se fait maintenant. M le ministre ne peut pas ignorer ce qui se fait au trésor public, aux impôts, à la Douane enfin dans toutes les régies du pays. M le Ministre connaît bien aussi des simples agents de Douane (sentinelles) possèdent des villas. Idem aux impôts et au trésor.

Il est évident le contrôle est un travail harassant qui demande beaucoup d’audace, mais il est incompréhensible que le ministre lui-même protège certains citoyens et traque les autres.

La corruption et les détournements demeurent des gangrènes qui affectent durablement le développement de notre pays.

Allafouza Chahai
Allafuza_chahai@hotmail.fr


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