A vous, les Généraux, les Colonels, les Docteurs et les soldats, le Tchad est en danger, l’unité de vos forces n’est-il pas indispensable ?

Le 18 juillet en accueillant Idriss Deby à l’Elysée, une fois de plus les autorités Françaises et leurs alliés du réseau Euraméricain nous ont démontré qu’aucun redressement de la situation du Tchad ne serait concevable sans se soumettre à leurs appétences économiques et stratégiques qui n’engagent que l’homme au minuscule cœur qui est Deby et ses compères.

Et tout cela sous le regard complice et lâche de toute la communauté dite internationale. Cependant l’hypothèse d’une intervention militaire probablement synonyme d’une mendicité à main armée a été maintenue. Mais soyons convaincus qu’avec une opposition tchadienne unie et soudée par le sang et par le cœur, et avec un soutien autonome de nos amis soudanais, nous parviendrons à prouver le contraire lorsqu’il s’agit sérieusement du Tchad et de notre avenir qui est plus que jamais conjoint.

En effet, vu la situation présente que traverse le Tchad, à l’exception d’Idriss Deby, de la France, et du Colonel Kadhafi, aucun être humain qui s’estime libre, fier et digne ne s’amusera à mettre en cause la légitimité de ce combat aussi noble et juste que mènent les opposants tchadiens en général et les politico-militaires en particulier.

Alors est-il possible que seulement par l’information et la communication, l’opinion dite nationale et internationale puisse nous détourner de la réalité et nous soumettre à un silence complice au moment où l’homme sans cervelle qui est Deby ne cesse d’infliger animosité et irrévérence à son propre peuple depuis 17 ans avec la complicité des uns contre les autres ?

Difficile de dire avec certitude, car vu la garantie et le soutien unanime accordés par les donneurs d’ordres au traître Idriss Deby, l’implantation de ce massacre moderne sans procès entre le Tchad et le soudan n’est pas chose gratuite si elle ne serait qu’une étape de l’histoire humaine. Par contre cela n’est pas aussi sans extension vers la Centre Afrique, la Guinée, le Congo, le Niger…

Personne d’autre ne peut aussi douter de la détermination de l’ensemble de l’opposition tchadienne à poursuivre ce grand boulevard de l’espoir qui se dessine progressivement et sûrement dans l’Est du Tchad. D’ailleurs, si ce n’est pas le peuple tchadien, aucun autre peuple dans ce monde ne peut se soumettre à une telle humiliation et accepter la prise en otage de sa propre conscience nationale. C’est pour quoi il est respectable et honorable de dire à nos compatriotes que les choses ne sont pas comme on les voit, on l’entend ou comme l’on imagine. Mais les affaires que nous croyons tchadiennes prennent une autre tournure au point que nous n’aurions jamais pu les concevoir si cruelles et si imbéciles. ADJAB !

Chaque opposant tchadien objectif et conscient sait très bien que le peuple tchadien ne nous demande pas tout simplement à boire et à manger, mais aussi nul ne peut dire qu’il n’exige naturellement sa dignité, sa liberté et sa souveraineté. Comme c’est au péril de la vie de ses jeunes soldats (Tchadiens) qui tombent héroïquement devant vous, notamment ceux qui vous protègent jusqu’à ceux qui vous soutiennent en passant par ceux qui vous écoutent et qui certainement n’osent douter, en aucun instant, de la bonne intention qui vous anime dans votre prise d’armes. Dorénavant le citoyen tchadien ne vous demande rien de plus que de la quiétude et de la loyauté dans vos conduites liées à l’avenir du Tchad. Et pour le reste de ses enfants humiliés, torturés et violés quotidiennement dans leur droit par Idriss Deby, ses prostitués et ses alliées, qui aux yeux de nous tous (les opposants tchadiens) ne sont que les ennemis de la nation tchadienne, ils ne vous demandent que d’être raisonnables, voire aimables entre vous.

Chers compatriotes, seul par une grande assise close des hommes libres et objectifs vous parviendrez à faire croire aux Tchadiennes et Tchadiens les raisons qui vous empêchent de discuter, de vous entendre, ou de comprendre et entreprendre pour l’intérêt national. Car le recoin sordide de témoignage et du regret tardif que chacun défend de son côté ne symbolise que la honte et l’hypocrisie qui finira par égayer la raison du cœur minuscule de Deby et de ceux qui lui ressemblent.

Dans chaque grande assisse des opposants de l’intérieur comme de l’extérieur, tous les discours adressés aux Tchadiennes et Tchadiens persistaient sur la mobilisation générale, sur l’unité nationale et souvent sur les fusions ethniques nocturnes tout en sachant l’inconcevabilité et l’impensable de la chose, mais aujourd’hui toutes ces belles formules du langage colonial que vous insistez à nous imposer nous retombent instinctivement en s’imposant pour devenir indispensable et plus que jamais réalisable, donc cette conquête de l’esprit qui souffle du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest n’arrangera personne d’entre nous dans ce combat noble et juste que nous avons entrepris pour le Tchad.

Malgré la divergence et les contraintes qui s’imposent sur le chemin qui nous guide vers la cité, soyons convaincu que nous visons tous un horizon commun pour un seul et unique Tchad, capable d’assurer une mémoire auguste et une histoire authentique pour un avenir harmonieux. Cela en admettant avec certitude que rien, ni personne, aucun donneur d’ordre, aucun marchand de culture et de civilisation, aucun missionnaire, et ni même la France et la Libye ne se contenteront de ce silence général ahurissant mais temporaire qui raisonne au sein de l’opposition tchadienne.

Certes la France et la Libye continuent de ne pas douter d’un avenir amical ou fraternel avec les Tchadiens. Je suis personnellement convaincu que s’ils continuent ainsi, bientôt nous les surprendrons et leurs demanderons compte au moment opportun. Car l’apathie du caniche tchadien, Deby, à la commande des institutions actuelles n’illustre en aucun cas ni l’ignorance d’une nation délimitée, ni une lâcheté fédérative de notre génération. Si ce n’est que par le dynamisme de la communication et de l’information qu’ils ne cessent de brouiller notre lucidité et d’empoisonner notre quintessence en souillant notre volonté de concrétisation dans les affaires tchado-tchadiennes tout en caressant la limite du courage du peuple tchadien. Mais pour les Français, la moindre des choses j’espère est qu’il ne nous compare pas aux patriotes ivoiriens. Et cela doit être prouvé par la mobilisation générale et l’unité de l’opposition tchadienne qui seul peut nous promettre un changement.
Pourquoi à ce jour sommes-nous inaptes et indisponibles à nous engager ensemble et nous départageons avant même de nous croiser ? Pourtant nul ne prouvera la non livraison de l’intérêt général à la merci du chaos et du désordre.
L’autre consanguin n’est pas bon ou ne peut être qu’accessoirement mauvais, et si cela vous paraît valable ou crédible dans vos orientations, il n’est pas du tout question d’ignorer un suicide collectif. Autrement nous continuerons éternellement à raconter des balivernes et des verbiages dans les salons et sous les palmiers.

En outre, vous êtes les mieux placés à évaluer et sous-évaluer les différents aspects de la crise qui frustre notre jeunesse et notre patrie mère. Vous avez combattu pour le Tchad dans le passé comme dans le présent. Malheureusement vos méthodes et ambitions ne se croisent que sur des terrains stériles entachés des querelles interethniques, tribales ou régionales.

En conclusion, pour la nation tchadienne, au nom du peuple tchadien et à mon nom propre je tiens à porter à la connaissance de tous les politico-militaires et à la société civile tchadienne que lorsque l’impensable devient indispensable, il n’est pas opportun de perdre le temps, à traîner dans le vide en défilant chez un Kadhafi qui se réjoui de la misère tchadienne. Lorsqu’il avait annexé la bande d’Aouzou il cherchait, insidieusement, à réduire notre nation à la situation actuelle : un Tchad du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, balkanisé morcelé, déchiré et qui sera continuellement sous son contrôle. Nous savons d’ailleurs que ce dernier est le parrain avéré de Deby et l’ami de ses alliés. Cessons de nous arrêter au bord de la vérité qui s’impose. Prouvez plutôt aux Tchadiens que vous êtes unis et mobilisés pour que chacun de nous déploie l’ardeur active qui demeure en lui lorsque le Tchadien est en danger, lorsque les Tchadiens sont exposés aux dures réalités du marché économique cautionné par la mondialisation et le vent soufflé par l’ère de la conquête de l’esprit. Pourquoi seulement le Tchad et les Tchadiens subissent les conséquences ? A vous, les Généraux, les Colonels, les Docteurs et les soldats de nous dire comment et quand parviendrez-vous à mutualiser vos nécessaires efforts pour réaliser l’attente et l’aspiration profonde de ce peuple meurtri et dont l’espoir est plus que jamais en berne?

Mahamat Adam Sultan
Résistant tchadien
Sultani.mn@afrik.com


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