Un couple porte plainte pour « escroquerie » et évoque des méthodes douteuses – Le figaro

Les plaignants affirment que quarante autres familles auraient saisi la justice. Mais le parquet de Paris dément.

LES MÉTHODES d’amateurs de L’Arche de Zoé, qui l’ont conduite au fiasco au Tchad, ne cacheraient-elles pas des procédés plus douteux ? En France, certaines familles en contact avec l’association commencent à mettre en cause ses bonnes intentions.

Un couple de Ponteilla (Pyrénées-Orientales) en attente d’un enfant du Darfour a ainsi déposé plainte à la gendarmerie de Thuir il y a une semaine pour « escroquerie ». Organismes visés : L’Arche de Zoé et le Collectif des familles pour les orphelins au Darfour (Cofod). Selon ce couple, une quarantaine d’autres familles en colère – sur les 257 impliquées dans l’opération – auraient déjà saisi la justice.


Le tribunal de Perpignan vient bien de transmettre la plainte de ce couple au parquet de Paris. Mais ce dernier a déclaré au Figaro n’avoir reçu aucune autre plainte. Cette première action en justice fait en tout cas planer le spectre de la malhonnêteté sur une association jusque-là simplement décriée pour son inconscience et ses méthodes irresponsables. Une multiplication des procédures finirait de l’accabler.


« Supplice mental »


La famille plaignante, qui souhaite garder l’anonymat, a dénoncé les méthodes sectaires de L’Arche de Zoé dans une interview au journal L’Indépendant. Elle s’insurge davantage contre des pratiques qu’elle qualifie de « supplice mental » et de « manipulation », que sur la question des 2 400 euros versés à l’ONG. Les déceptions se sont multipliées, explique ce couple : nombre d’enfants plusieurs fois revu à la baisse, date d’arrivée toujours différée, inexactitudes sur les âges…


Les procédés des membres de l’association s’avèrent de surcroît bien étranges. Les dirigeants auraient demandé une confidentialité totale et utilisé un vocabulaire pour le moins décalé. Le président de L’Arche aimerait ainsi parler par métaphore : « Notre grand vaisseau qui va bientôt s’éloigner vers des contrées lointaines », aurait-il ainsi déclamé lors d’une assemblée générale pour évoquer la mise en oeuvre du projet. Un lyrisme partagé par d’autres membres. « Les premières gazelles sont arrivées et les premiers zèbres sont beaux comme tout », aurait écrit depuis le Tchad un des médecins de l’association. Leur promesse de rembourser les frais engagés en cas d’échec de l’opération aurait par ailleurs été vite oubliée.


Le couple de plaignants, quadragénaires déjà parents, ne comptait pas adopter mais simplement accueillir un orphelin, conformément à leur « démarche de sauvetage ». Sans avocat hier, ils se laissaient quelques jours pour contacter un cabinet. Murés dans le silence, ils auraient besoin de se « reconstruire ».


Bages, Estagel… les villes voisines de leur commune compteraient selon eux trois autres couples engagés dans l’action de L’Arche de Zoé. Eux continueraient de soutenir l’ONG. Par peur, comme l’avancent les plaignants, qui jugent le Collectif des familles pour les orphelins au Darfour « capable » de pressions ? Ou par crainte de perdre leur agrément puisqu’un certain nombre de ménages visaient l’adoption ?


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