Arche de Zoé – Les familles des inculpés reçues par Rama Yade – France Soir

Première plainte en France.

Les Européens ont été transférés hier à N’Djamena alors que les ennuis s’accumulent pour l’Arche de Zoé, y compris en France.
La Cour suprême tchadienne a expédié l’affaire en vingt minutes. Elle a dessaisi hier la juridiction d’Abéché au profit de celle de la capitale, pour des raisons de sécurité et d’équité. La colère des habitants du secteur ne garantissait pas un procès impartial et serein aux seize Européens et à leurs comparses tchadiens, qui ne sont plus deux mais quatre. Dans l’après-midi, un C-130 de l’armée les transférait à N’Djamena, où se trouve le pilote belge accusé de complicité d’enlèvement de mineurs. Aujourd’hui, ou au plus tard lundi, après avoir été déférés devant le procureur, ils seront interrogés par un nouveau juge. Il pourrait requalifier les faits, probablement plus à la baisse qu’à la hausse, voire exonérer les journalistes français et les navigants espagnols. Le président Déby leur a entrouvert une porte vers la liberté jeudi soir, après un nouvel entretien avec son homologue français.

D’autres plaintes attendues

Pendant que les prisonniers effectuaient leur vol de 700 kilomètres, leurs familles se rendaient au Quai d’Orsay, où Rama Yade les a rassurées. La France n’abandonnera pas aux travaux forcés les membres de l’Arche de Zoé. Mais les soucis s’amoncellent. Un couple des Pyrénées-Orientales, candidat à l’accueil d’un orphelin darfouri, a porté plainte pour escroquerie contre l’association : « Ils nous ont menti de a à z et ont tout fait pour nous affaiblir psychologiquement, pour qu’on ne fasse pas de scandale », confie-t-il à L’Indépendant. Le dossier a été transmis au parquet de Paris, qui s’attend à en centraliser d’autres. Et au Tchad, la situation s’aggrave. A Abéché, le centre social est pris d’assaut par des familles qui souhaitent récupérer leur progéniture après avoir été abusées. Les ONG chargées des « rescapés », dont un bébé de un an, se débattent avec les problèmes de localisation des parents. L’identification de certains enfants est si difficile qu’ils pourraient ne jamais rentrer chez eux. Le comble de l’absurde !


Une rencontre Déby-Breteau ?

La Tribune de Genève affirmait hier que le président Idriss Déby était au courant de l’opération conduite par l’Arche de Zoé. Citant une source proche du gouvernement tchadien, le quotidien suisse précise que le chef d’Etat aurait même rencontré Eric Breteau, responsable de l’ONG, courant septembre. Le rendez-vous aurait eu lieu « en dehors de l’agenda officiel, dans la résidence privée de M. Déby à N’Djamena ». Eric Breteau, effectivement au Tchad en septembre, aurait alors passé un accord avec le président et obtenu l’autorisation d’atterrissage du Boeing 747 à Abéché, ville située dans une zone de guerre et dont l’aéroport n’est pas équipé pour accueillir un avion de cette taille. « Si c’est vrai, réagit Me Collard, avocat de l’association, cela confirme que l’opération était connue des autorités, comme nous l’affirmons depuis le début. L’interdiction soudaine reste une énigme qu’il nous faudra éclaircir. » Gilbert Collard doit arriver aujourd’hui à N’Djamena.


Le Scandale des enfants du Tchad (M6, dimanche à 17 h 40)

L’émission 66 minutes diffuse dimanche l’enquête de Marc Garmirian, l’un des journalistes détenus au Tchad. Le document, tourné avant l’arrestation prouve que l’envoyé spécial de l’agence Capa exerçait bien son métier et que les membres de l’Arche de Zoé travaillaient dans l’illégalité totale. Une scène notamment montre une partie de l’équipe occupée à la pose de bandages et de fausses perfusions pour simuler une évacuation sanitaire – « Avec ça, ça fait blessé de guerre ! » – et ainsi échapper aux questions gênantes à l’aéroport. Certains extraits témoignent de leur grande exaltation – « Des enfants vont mourir, alors on agit et on réfléchit après » – et de leur assurance qu’il s’agit bien de malheureux orphelins du Darfour. Pascal Manoukian, directeur de la rédaction de Capa, souligne que « ces images apportent aussi la preuve qu’on n’est pas dans le cadre d’un trafic d’enfants. Ces gens voulaient aider, en toute bonne foi, ils ne venaient pas prélever des reins comme le croient encore de nombreuses personnes ».



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