Appel à la prise de conscience nationale

IL est temps, vraiment temps, chers camarades que nous fassions ensemble un diagnostic objectif de la situation sociopolitique et économique de notre chère patrie, le Tchad. Il est temps, surtout temps pour nous, nouvelle génération, de faire aujourd’hui, la part de responsabilité de tout un chacun, dans le calvaire que vit quotidiennement notre pays.

Il est enfin temps pour nous de se convaincre sur une seule chose : que le mal qui gangrène ce pays depuis le déclenchement du processus démocratique en 1990, est aujourd’hui ce pouvoir honni, orchestré et entretenu par une poignée d’hommes qui n’ont ni foi ni loi. Un pouvoir qui a mis à genou le pays et l’isoler à tous les niveaux. Un pouvoir dont le système de gouvernance ne se résume qu’à la division, à la haine et à la délation. D’où nous avons assisté complices, jusqu’à ce jour, à une fracture sociale sans précédent dans toutes les régions du pays : Des conflits intercommunautaires montés par- ci, des milices entraînées et armées par-là, c’est pour tout juste diviser à jamais le peuple tchadien uni dans sa diversité, épris de paix et désireux de vivre en parfaite harmonie avec tous ses voisins.

Un pouvoir qui ne privilégie que des intérêts bassement égoïstes des copains et des coquins qui le compose au détriment de l’intérêt national : Des projets de développement mis à sec, sans résultats. Les richesses nationales, sensées contribuer au développement du pays, sont pillées, dilapidées et bradées par cette clique sans état d’âme, sans scrupule, hypothéquant ainsi l’avenir de toute une génération et mettant en péril l’existence même de la nation tchadienne.
Un pouvoir qui a anéanti l’excellence et réduit les intellectuels à l’alimentaire.
Un pouvoir qui a élevé la corruption, le clientélisme, le népotisme, la gabegie et l’enrichissement à un niveau record des individus au détriment de l’intégrité et le nationalisme bannissant de facto les valeurs républicaines.
Un pouvoir basé sur la trahison et bâtie sur une administration clochardisée, constituée que des lâches qui n’ont pour seule qualité que la bassesse. Des grandes institutions en passant par toutes les structures de l’état, voire l’Armée Nationale sont toutes divisées et détournées de leurs missions qui consistent à servir uniquement la nation et à défendre l’intégrité territoriale.

Au regard de ce tableau sombre, chers compatriotes, il ne suffit pas pour nous d’étudier, d’être intégré dans la vie active avec à la clef une situation plus ou moins appétissante mais il s’agit surtout pour nous, nouvelle génération, de voir ce qui est convenable pour notre pays, au-delà de notre satisfaction personnelle.
Il ne suffit pas pour nous de naître, grandir et mourir mais il s’agit pour nous de donner un sens à notre vie. Celui de bâtir notre village, notre quartier, notre nation sur un fondement durable et sincère dans l’unité, l’égalité, l’équité et la transparence.
Il ne suffit pas présentement pour nous, chers camarades, de regarder et vivre passif, face au péril causé par l’effacement de l’autorité de l’Etat dans notre pays mais il est temps pour nous de prendre nos responsabilités et sauver ce qui nous est cher : la République du Tchad.

Il est temps, pour nous, élèves sans orientation, étudiants laissés à nous même, fonctionnaires sans issue, intellectuels de la nouvelle génération, ainsi que les aînés de tout bord, à un moment ou à un autre, qui ont été contraint de se taire ou de s’exiler loin de la mère patrie, de se joindre au mouvement de prise de conscience en gestation aujourd’hui à l’Est pour qu’ensemble nous puissions débarrasser le pays de ce système sans principes. Une unique chance pour nous de doter le pays des véritables institutions républicaines et démocratiques, gage d’un développement durable.


Au nom et à l’adresse de la nouvelle génération

ABDELSALAM MAHAMAT ABDERAMAN HAGGAR


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