L’opposition armée nécessite plus qu’un simple Commandement Unifié.

Il n’est plus un secret pour personne que le système MPS a échoué sur tous les plans et d’ailleurs la preuve en est qu’aujourd’hui, il se résume uniquement à la personne du président Deby, ce qui fait qu’ à chaque incursion des rebelles il fallait que M. Deby descende sur le champ de bataille pour stopper l’avancée des rebelles.

Ceci montre clairement combien le tchadien ordinaire est fatigué de ce système mafiosi érigé en un système de gouvernement depuis 17 ans. Cependant, faute d’une alternative crédible, le citoyen lambda ne sait à quel Saint faut-il se confié; d’ou la longévité du régime antinational de N’djamena qui est devenu, en réalité, une véritable casse-tête pour le pays tout entier. Alors l’opposition armée peut-elle tirer des leçons de ses erreurs du passé afin de s’atteler à l’essentiel pour qu’elle devienne une alternative au régime du président Deby ou alors continuera-t-elle à barboter dans le vide comme ce fut le cas de deux dernières années?

Aujourd’hui ce qui empêche de dormir tranquillement le président Tchadien n’est pas le Soudan comme il le laisse entendre mais plutôt la résistance nationale qui s’organise à l’Est. Pour justifier son échec patent vis-à-vis de cette dernière et attirer l’attention de son protégé M. Sarkozy pour précipiter l’arrivée de la force européenne, il fallait trouver un bouc émissaire, c’est pourquoi ce dernier temps tout le gouvernement s’est aligné derrière le chef pour doigter le Soudan comme étant le déstabilisateur du Tchad. En réalité, le vrai déstabilisateur n’est autre qu’Idriss Deby, lui-même. A priori le Soudan ne fait ni plus ni moins que ce que le Tchad fait aux rebelles soudanais.

Certes, l’opposition armée fait d’énormes progrès, et elle mérite d’être encouragée dans cette voie, mais pour être une opposition constructive et crédible, elle nécessite plus qu’un simple commandement unifié car une organisation militaire n’est crédible quand elle est dirigée par une organisation politique bien structurée dont le chef est connu de tout. Il est indéniable qu’il y ait une crise aigue au sein de l’opposition toute entière, civile comme militaire, mais à présent la situation exige à ce que les opposants tchadiens mettent de côté les intérêts partisans. Car l’intérêt national prime sur tout autre intérêt. Si réellement l’opposition plaide pour une cause nationale et si elle est consciente qu’il n’est pas possible de trouver un Tchadien n’appartenant à aucune tribu pour mettre à la tête de l’opposition, les politico-militaires sont obligés de s’entendre sur un nom. Dans le cas échéant, l’opposition sache qu’elle est entrain de plaider pour une cause perdue d’avance. Par conséquent chacun doit être réaliste et honnête dans ce genre de processus. Toutes les options doivent être considérées afin d’éviter un retour à la case du départ d’ou le terme consensus. Par contre, si l’opposition n’est pas en mesure de s’entendre rapidement autour d’un dirigeant crédible, les présidences collégiales et consorts ne font que retarder la chute du régime et perdurer la souffrance du peuple.

Le point commun de l’opposition armée est le rejet du président Deby, mais cela ne peut pas être un projet de société pour attirer l’attention d’une population longtemps malmenée par des tyrans comme Deby qui promet monts et merveilles quand ils sont dans le besoin, mais une fois leur forfait accompli, il tourne le dos au peuple comme ce fut le cas de notre fameux « ni or ni argent, mais la démocratie plurielle ». Mais 17 ans après, les Tchadiens se sont aperçus que l’homme de Bamina s’est trompé de vocabulaire, il aurait bien pu nous dire à la place démocratie la démagogie.

En tout cas, l’opposition doit faire preuve de maturité sinon Deby a de beaux jours devant lui.

Ahmat Abakar Haggar, Londres
Ahamat1968@hotmail.co.uk


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