Les signes avant-coureurs de la chute du régime de Idriss Deby Itno

Il paraît logique de s’interroger sur les manifestations anti-El Béchir à la mode ces derniers temps à N’Djaména et dans le Tchad profond.

Le samedi 12 janvier 2008, des milliers de jeunes se sont rassemblés à la place de l’indépendance pour apporter leur soutien au président tchadien et condamner sans réserve le voisin soudanais. Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi, tant chacun de nous est animé de cette fibre nationaliste.
A cette occasion, le héro du 1er décembre 1990 a traité les rebelles de  »bandits ou vandits, des valets », affirmait-il, à la solde du régime de Khartoum.

Le vendredi 25 janvier 2008, sous l’égide des opérateurs économiques, un autre grand rassemblement a réuni des milliers de personnes au stade Idriss Mahamat Ouya. Le stade était en effet plein à craquer. On a pu constater au cours de cette récente occasion, car, on ne parlera pas de la dernière, le changement de ton du président Idriss Déby Itno. Les « bandits ou vandits d’hier sont qualifiés des frères. Qu’est-ce qui a poussé le frère Mahamat Nouri à prendre les armes… »? s’interroge le président Déby.

Déby qui, le 12 janvier 2008 affirmait préférer négocier directement avec El Béchir qu’avec Nourri ou Timan demande ce 25 janvier 2008, seulement 13 jours après, à ces derniers de quitter leurs camps de regroupements « à 25 Km de la frontière » pour venir faire la paix avec lui. Le président, très sûr de ses sources d’information cite nommément les 3 camps où les rebelles se sont regroupés pour se former.

Ce changement de ton serait une très bonne chose pour le peuple tchadien si monsieur IDI est sincère dans ses propos. Mais, on a peur de retomber dans l’escalade de la violence par manque de constance dans les engagements et les promesses, du côté des uns comme des autres. Et ce n’est pas le mini sommet de Tripoli et le sommet d’Addis-Abeba qui feront baisser les tensions.

Tous ces signes donnent une certaine frayeur.

J’ai en effet peur pour la survie du régime du président Idriss Déby Itno comme peur de ma propre vie quand cet article sera publié, et plus peur de la vie des tchadiens qui acceptent volontiers la misère en voyant vider leur trésor public au profit de la guerre. Les tchadiens en effet sont loin d’amener le changement dans leur pays. Ils pensent que tout leur tombera du ciel comme Dieu faisait tomber autrefois la manne pour nourrir les enfants d’Israel dans le désert.

La réunification des forces rebelles serait-elle cause de cette panique dans la capitale tchadienne?
Organiser des manifestations pour la paix en insultant un pays voisin peut-il nous aider à ramener la paix dans notre pays, le Tchad qui en a vraiment besoin?

La seule mobilisation populaire constitue-t-elle un gage pour ramener la paix au pays?

Le président Idriss Déby Itno et son parti, le Mouvement Patriotique du salut, pour traverser l’année 2008, doivent changer de stratégies de combat et d’attaque. Il faut mettre la balle à terre, temporiser, mettre de l’eau dans son vin, ne pas minimiser les forces rebelles mais chercher à négocier sincèrement avec elles.
Monsieur le président, la paix n’a pas de prix. Continuez à la chercher et la rechercher. Ne vous arrêtez pas seulement sur le nombre de fois où vous avez été dans tel ou tel pays pour faire la paix, comme vous l’avez signalé dans votre intervention du 25 janvier 2008.

Le silence de Khartoum et des rebelles de l’est en question me donne personnellement une certaine frayeur. Pourquoi ne répondent-ils pas aux propos du chef de l’Etat et des manifestants?

Débloquer des sommes d’argent faramineuses du trésor public pour rechercher la paix n’aura de sens que si cette recherche de la paix vient du cœur. Or, à voir le folklore actuel, rien n’est sincère. On a l’impression que plusieurs jeunes sortent pour juste avoir les tee-shirts et autres pagnes qu’on distribue gratuitement et non pour un objectif si noble que celui de procurer une paix durable à un pays au-dessus duquel tourne le spectre de guerre depuis 1963.

La paix, disait un sage d’Afrique, n’est pas un vain mot, mais un comportement.

Puisse, Dieu permettre que ce comportement, les tchadiens le fassent leur, pour que finisse la guerre et que soit amorcé le décollage économique tant souhaité.

Monsieur le Président, le social, c’est aussi manger à sa faim, or, à l’heure où je vous écris, la bonne faim me donne à réfléchir…

Servez-vous de ces conseils gratuits pour donner à manger aux tchadiens au lieu de tout investir dans l’armement.

N’Djek le Pacifique.


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