Pourquoi les plumes tchadiennes ne dénoncent pas certains faits?

Pendant les quatre dernières années les plus riches en drames au Tchad, des plumes se sont levées, des sites Internet ont été créés, des fortes rebellions ont vu le jour. Objectif : dénoncer la mauvaise gestion du pays, lutter contre l’injustice sociale, le népotisme et contre le clanisme et toute forme de discrimination; mettre à terme par tous les moyens possibles le régime corrompu du président Idriss, afin d’instaurer une démocratie réelle basée sur la justice. Les tchadiens de tous les horizons ont salué cette forme de lutte. Cette lutte qui a paru noble aux yeux de beaucoup de tchadiens ne comporte-t-elle pas en elle-même quelques grains de l’injustice?

En constatant quelques faits commis pendant l’arrivée des rebelles dans la capitale tchadienne, je ne fais que douter de l’honnêteté de cette lutte. Et le silence des plumes tchadiennes m’effraye.

D’après mes informations, du 1er au 2 février 2008, dans certains quartiers de N’djamena régnait une anarchie jamais vue au 21ème siècle nulle part ailleurs. Dans ces quartiers, c’était la loi de la jungle qui était votée. Pourtant c’était la force dite de la résistance nationale qui occupait cette partie de la ville. Parmi les choses le plus atroces : brûlure des maisons de ceux soupçonnés d’être proches du régime à l’aide des bassoka, sans tenir compte des enfants, femmes innocents, des pillages en ont suivis. Certains me diront que pourquoi je me lamente pour cette minorité de la population alors que les tchadiens de tous les coins ont subi les conséquences de cette guerre? Oui des tchadiens de tous les coins, du sud, du nord, de l’est et de l’ouest en ont subi et je regrette, mais il y avaient des châtiments et des pillages spéciales organisés pour ceux qui sont jugés proches du régime et ont été faits sur la base ethnique! Et c’est vraiment dommage que ceux qui sont engagés dans l’art de dénoncer les injustices et ethnicisme avec toutes ses conséquences puissent fermer les yeux et boucher les oreilles! Pire encore, même les intellectuelles n’arrivent pas à se débarrasser de telles idées archaïques et entravant l’unité d’un pays. Je discutais avec un ami tchadien du même établissement avec qui je rigole concernant la guerre au Tchad, il me dit oui mais c’est ce que les tchadiens ont subi pendant 17 ans de votre part, sans aucune nuance. C’est vraiment assez sérieux qu’en étant intellectuel ayant un niveau universitaire et ne pas pouvoir faire la différence entre un régime politique et un clan.

Il est assez raisonnable de dire que les rebelles n’auraient pas eu le temps de faire tout ces crimes mais ceux qui les ont accueillis et les bandits libérés de la maison d’arrêt ont profité de l’occasion pour faire tout ce qu’ils veulent et c’est dommage!

Certains me trouveront clanique, mal éduqué et menteur, je prendrais le Tout-Puissant à témoins et ça me suffirait, parce qu’il y a des choses face auxquelles on ne peut s’empêcher de réagir.

Ne vous étonnez pas si longtemps la rébellion n’arrive pas à s’unir c’est parce que certains se sont basés sur cette logique qui ne tient pas.

Donc il est important aussi bien pour l’opposion armée et pour la population de changer des stratégies.

  • un mouvement qui lutte pour la justice ne doit pas libérer en premier lieu les prisonniers de toute sorte, parce qu’il y aurait parmi eux des gens qui ont enlevé la vie aux autres, ceux qui ont volé les simples citoyens, bref ils doivent pas seulement quelque chose à l’état mais aussi aux simples citoyens. Donc cette manière est contraire à la justice.
  • un mouvement qui lutte pour la justice doit conscientiser ses sympathisants sur le bien fondé de sa lutte et un savoir vivre avec le camp adverse.

Pour ceux qui dénoncent l’injustice subite par certaines populations et cachent celle subite par d’autres, je dirais qu’ils n’ont aucun sens de la justice ni de la paix et je vous souhaite bonne chance dans cette lutte discriminatoire, lutte dont les discours camouflent le fond.

Mansour Hassan
Etudiant à la fac des sciences de rabat (Maroc)


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