Les réfugiés Tchadiens broient du noir au Cameroun

Le transfert des réfugiés Tchadiens de Madana-Kousseri et autres sites à Maltam à 33 kilomètres de Kousseri au Nord Cameroun se fait à pas d’escargot.

La plupart de réfugiés accusent les sous effectifs des agents humanitaires déployés sur le terrain pour s’occuper de l’installation des réfugiés. Au camp, le mouvement des réfugiés montre aux yeux de chaque visiteur une réelle condition de vie difficile.

Ce nouveau site est implanté dans un espace nu ; sans un seul arbre. Il est exposé au vent et aux intempéries de toute sorte, qui, à la longue produiront indubitablement des conséquences néfastes, notamment les maladies respiratoires.

Le 23 février, la plupart des réfugiés sont couverts de poussière, sales et visiblement fatigués. Peut-être affamés. Quelques uns s’activent à obtenir une tente et de quoi mettre sous les dents. Le repos semble n’être pas au rendez-vous. Chacun s’échine à planter sa tente que les agences humanitaires distribuent.

Au gré de moult sacrifices qu’ils arrivent à obtenir leur pitance ; du riz, des céréales, des moustiquaires, des ustensiles de cuisine, des lampes, des réservoirs d’eau, des couvertures et des matelas. Là, le désordre est visible au milieu des humanitaires et les réfugiés.

Les habitations sont des tentes plantées à la « Mbororo » Elles poussent à la minute comme des champignons à la sueur de ceux qui cherchent à habiter dans le coin. Déjà, certains s’inquiètent aux mois prochains qui ne manqueront pas de canicule dans cette localité désertique. Certains réfugiés pensent également à leurs conditions de vie précaire. « Il fait trop froid la nuit et en mars, la tente ne manquera pas de nous attirer la chaleur accablante. Nos conditions de vie seront encore trop précaires. », se lamente Fatimé. T, mère de six enfants dont le mari a été tué lors de la fuite vers Kousseri le 3 février dernier.

Certains réfugiés s’éternisent à disputer à longueur de journées avec les humanitaires. Ces disputes quelquefois houleuses sont souvent liées aux conditions de vie désordonnée. Ceci provoque un vacarme ressemblant à un marché animé par les commerçants et leurs clients. « Ce n’est pas normal de nous traiter comme ça. Les humanitaires sont richement payés par l’argent des donateurs dont notre pays fait partie. Il faut qu’ils fassent leur travail comme il se doit et sans discrimination. », criaille Jacques, un étudiant en 4ème année de droit privé.

Ce n’est pas tout ! Pour obtenir le minimum de ce qu’on veut, c’est un véritable parcours de combattant. Sinon, l’on serait abandonné à soi-même. Partout dans le camp, on entend que des plaintes. Beaucoup regrette la lenteur et la procédure de prise en charge des réfugiés par les humanitaires.

Pour certains réfugiés, le mieux serait de retourner dans leur pays que de souffrir. « Mieux vaut repartir mourir chez moi que de subir l’arrogance et l’humiliation des gens ingrats et sans foi. », tonitrue un sexagénaire, ex-administrateur civil Tchadien.

Par ailleurs, les humanitaires en sous effectifs sont dépassés par la large palette de la mission qui leur a été assignée malgré un complémentaire de quelques agents en provenance de N’Djaména.

Dire aujourd’hui que les réfugiées Tchadiens souffrent est une aberration. Depuis le commencement de l’opération de transfert des réfugiés qui ont fui le Tchad au début du mois de février lors de l’offensive des forces rebelles sur N’Djamena, le HCR ne semble pas s’activer comme il le faut. Car à Kousseri, ville frontalière de N’Djaména, la sécurité des réfugiés n’est pas totalement garantie.

Selon nos informations, l’on a fait écho de tentative d’enlèvement d’un réfugié par des inconnus et/ou des agents de l’ANS (Agence nationale de sécurité).
Si les autorités de la ville d’accueil ne prennent pas leur disposition pour empêcher les infiltrations des agents de renseignements généraux et de l’ANS, la situation des défenseurs des droits de l’homme, des journalistes et des réfugiés politiques reste préoccupante.

Ereck Dinar


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