Le Tchad sans les tchadiens

L’opinion nationale et Internationale devraient savoir que les rebelles qui ont tenté de renverser le pouvoir à N’djaména ont eu à opéré un mauvais choix d’avoir comme parrain présumé, le Soudan. De prime abord, les faits sont présentés comme tels, une véritable bataille entre la France et le Soudan. De ce point de vue, les événements ne peuvent tourner qu’en faveur du pouvoir d’Idriss Déby Itno. Car, le dispositif épervier basé au Tchad environ une vingtaine d’années, en vertu des accords logistiques a fait usage de ce arsenal juridique pour venir en aide au gouvernement légitime.

Bien évidemment, pour éviter que le pouvoir ne bascule dans l’intérêt du partenaire incontournable de la Chine, en l’occurrence le Soudan, le président Idriss Déby Itno, en tant que musulman, n’a pas hésité un iota à dénoncer un Tchad menacé par l’islamisme. La preuve en matière de responsabilité : les prisonniers des derniers combats ont été présentés comme étant des recrutés d’Al Qaidah. Pourquoi la France de Nicolas Sarkosy ne dénonce-t-elle pas ces dérives dangereuses contre son partenaire fidèle ?

Aujourd’hui, l’élève dépasse son maître : Hissein Habré, en 1978, était venu de l’Est du pays ! Cette manipulation des régimes a réussi puisque Habré avait à l’époque, eu le flair de brandir la religion pour atteindre son objectif. Déby Itno a trouvé que les ingrédients pourraient gâter la sauce. En face de la menace islamiste, les droits de l’homme sont déjà bafoués sans susciter de réaction en Occident. L’arrestation des opposants démocratiques au Tchad n’a pas suscité d’inquiétude. Le président sortant des USA vient à peine de féliciter la France pour sa prise de position au Tchad.

Les rebelles, s’ils veulent vraiment réussir la prise du palais Rose, doivent réfléchir sur l’instinct leadership, de parrain, et surtout de stratégies de combats. De parrain, parce que tant que le Soudan semble demeurer le partenaire présumé de cette rébellion, la France appliquera toujours l’accord de 1976, sous le couvert des Nations Unies s’il le faut, pour protéger les institutions Républicaines. C’est clair. Le changement de fusil d’épaule est obligé. Cette stratégie permettra également de prendre le temps qu’il faut pour convaincre le partenaire traditionnel de Déby Itno, que les opposants ne sont pas à la solde d’Oumar El Béchir.

Les Tchadiens d’Aouzou à Mbaibokoum, d’Adré à Rig Rig devraient exprimer leur ras le bol aux institutions onusiennes qu’ils sont pris en « otage ».

Blaise Beral,
N’Djamena


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