Accord de Dakar : Terminus ou simple Arrêt ?

Le sommet de l’Organisation de la Conférence Islamique, tenu à Dakar, vient de se terminer par un énième accord de réconciliation entre Deby Itno et Omar Elbechir.

Abdelselmi Mais les questions restent posées sur la nature de cet accord qui ne diffère des autres (Tripoli, Riyad et Canne) que sur sa formulation. Ce qui nous amène à évoquer la possibilité de sa survie, devant maintes facteurs politico-militaires, qui semble avoir d’impacts considérables sur une éventuelle normalisation de relations entre N’djamena et Khartoum, qui rappelons-les, étaient excellentes durant dix-huit ans, avant de se détériorer après le déclenchement de la crise du Darfour , qui n’est qu’une petite partie émergée de l’iceberg politico-historique reliant les deux pays voisins et remontant aux années poste-indépendance, tout gardant sa considérable influence sur la constitution et reconstitution du paysage politique tchadien (pouvoir) qui se dessine militairement depuis l’assassinat du Président Ngarta jusqu’à l’heure où je mets cet article sur la toile d’araignée.

Malgré l’optimisme qu’affichent les uns sur l’Accord en question, les indicateurs de la crise dans les deux pays nous expliquent plus ou moins l’incapacité de cette énième réconciliation à finir un divorce qui semble être consommé. Car, Khartoum (selon certains milieux politiques soudanais) ne veut plus voir Deby au pouvoir, pas à cause de ses vrais ou supposés liens avec le MJE, ni encore sur l’handicap qu’il représente pour une éventuelle résolution n’est serait ce que partielle, entre Khartoum et les factions rebelles non signataire d’accord d’Abuja, notamment le MJE. Mais plutôt pour couper l’herbe sous pieds de certaines forces étrangères « France et USA », vues par le Soudan comme menace sur ses intérêts nationaux, pour ne pas dire sur son agenda politique dans la Région. La preuve en est que les tergiversations de Soudanais à Dakar étaient, en partie dues, à la présence franco-américaine qui les a gênée, sans pour autant les pousser à décliner la médiation Sénégalaise, compte tenu de pressions exercées par Wade sur la partie Soudanaise. Quoi qui l’en soit si cet accord résiste devant ce géant tsunami politico-militaire qui ravage les deux patries, les deux régimes pourront se pencher sur le traitement de facteurs internes de leurs crises respectives, surtout la nôtre, qui à mon humble avis, ne se débloque efficacement qu’à travers de sérieuses reformes politiques, basées sur une vraie alternance démocratique au pouvoir, loin de toute tentative consistant à confisquer ou conquérir ce dernier militairement.

AHMAT ABDELSEMI
Universitaire



Commentaires sur facebook