Arche de Zoé: Sarkozy est arrivé au Tchad – Afp

Le président français Nicolas Sarkozy est arrivé dimanche à N’Djamena, où un juge a ordonné au même moment la libération des journalistes français et des hôtesses de l’air espagnoles, pour rencontrer son homologue tchadien Idriss Deby Itno, a constaté un photographe de l’AFP.

M. Sarkozy, dont l’avion a atterri peu après 14H00 (13H00 GMT), a été accueilli à l’aéroport de la capitale tchadienne par le président Idriss Deby Itno.

Nicolas Sarkozy était attendu dimanche à N’Djamena pour ramener à Madrid et Paris les hôtesses de l’air espagnoles et reporters français incarcérés dans l’affaire de l’Arche de Zoé , dont la libération semblait imminente, selon des sources concordantes.

Ce déplacement surprise du chef de l’Etat marque un tournant dans le dossier de la tentative de transport du Tchad vers la France de 103 enfants par cette association française, stoppée le 25 octobre par les autorités tchadiennes à Abéché (est).

« Puisqu’ils n’ont pas reconnu les faits et qu’Eric Breteau (président de l’Arche de Zoé) les a disculpés (lors de son audition samedi soir), la confrontation n’est pas nécessaire, et il n’y a donc pas lieu de les maintenir en détention », a déclaré dimanche à l’AFP une source judiciaire tchadienne, à propos des trois journalistes français et des quatre hôtesses espagnoles.

« Par conséquent, selon cette source, il va y a avoir une levée partielle du mandat de dépôt (concernant ces sept personnes) et ils seront libérés (…) dans les heures qui viennent ».

Selon une source diplomatique à N’Djamena, M. Sarkozy, dont l’Elysée a annoncé dimanche matin qu’il était en route pour rencontrer son homologue tchadien Idriss Deby Itno, « va prendre avec lui les journalistes français et les hôtesses espagnoles ».

« Il va ensuite aller à Madrid pour y conduire les hôtesses, puis en France avec les journalistes », selon cette source.

M. Sarkozy était attendu vers 14H00 (13H00 GMT) pour une visite de « quelques heures » et devait repartir dans le courant de la journée.

Ces derniers jours, plusieurs éléments ont convergé en faveur d’un dénouement rapide pour au moins sept des 21 inculpés européens dans cette affaire qui a créé la polémique au Tchad et en France.

Le président Sarkozy, qui s’est entretenu au téléphone à plusieurs reprises avec son homologue tchadien, l’a « sensibilisé » mercredi « à la situation des personnes (…) dont on sait qu’apparemment elles n’étaient pas dans les activités de cette association ».

Le lendemain, Idriss Deby « souhaitait » la libération des journalistes et des hôtesses tout en dégageant la responsabilité de « la France officielle » dans cette affaire.

Des spécialistes des relations franco-africaines ont estimé, à la suite des déclarations initiales très dures du président Deby à l’encontre des détenus européens, que N’Djamena tentait d’utiliser ce dossier pour renforcer sa position auprès de l’opinion tchadienne et en tant qu’allié privilégié de Paris dans la région.

Le président Deby a toutefois assuré qu’il ne remettait pas en cause le prochain déploiement d’une force européenne, voulue par la France, dans l’est du pays limitrophe de la région soudanaise du Darfour en guerre civile, contrairement à l’intention qui lui en était prêtée.

Dès le 26 octobre, il avait accusé les responsables de l’opération de l’Arche de Zoé de vouloir « vendre » les enfants « aux ONG pédophiles » ou les « tuer pour enlever leurs organes ».

Depuis le 25 octobre, 17 Européens (trois journalistes français, six bénévoles français de l’Arche de Zoé, les sept Espagnols de l’équipage de l’avion qui devait transporter les enfants en France et un pilote belge), ainsi que quatre responsables de l’est du Tchad, ont été inculpés et incarcérés pour « enlèvement de mineurs », « escroquerie » ou « complicité ».

Ils encourent cinq à vingt ans de travaux forcés.

Ces 21 inculpés sont regroupés depuis vendredi à N’Djamena, où un premier groupe de onze personnes ont été entendues dès samedi par un juge d’instruction. Il s’agit des journalistes Marc Garmirian de l’agence Capa, Jean-Daniel Guillou de l’agence Synchro X et Marie-Agnès Peleran de France 3, des quatre hôtesses, de trois Tchadiens et d’Eric Breteau.

L’Arche de Zoé affirme avoir voulu « sauver de la mort » des « orphelins » du Darfour, ce que contredisent les premiers éléments d’une enquête menée à Abéché par des organisations humanitaires internationales.


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