L’ère où certains décident et les autres suivent bêtement est révolue à jamais.

Les politico-militaires jouent un jeu très dangereux et commettent des erreurs répétitives dans la lutte contre le dictateur de N’djamena. Sinon, comment comprendre après leur erreur monumentale qui leur avait coûté très cher en février dernier qu’ils recommencent encore le même scenario aujourd’hui. Alors qu’en février tout le monde croyait à la chute pure et simple du régime Deby, il n’en a rien été.

Ce n’est plus un secret pour personne que le régime tire son épingle du jeu grâce à la désunion des différents groupes rebelles mais l’inconnu dans cette tragédie est de savoir quelle est la véritable stratégie des groupes rebelles? C’est de chasser Deby et s’accaparer du pouvoir pour des fins personnelles ou amener un réel changement?

Chers leaders, défaire un régime, c’est une chose mais instaurer la paix dans un pays comme le Tchad, c’en est une autre. Certes nous saluons le courage de tous ceux qui luttent d’une manière ou d’une autre pour un changement meilleur au Tchad mais les acteurs de cette lutte doivent redoubler d’efforts pour être exemplaires si réellement leur objectif principal est de soulager la souffrance du peuple comme la plupart le laissent entendre au lieu de se laisser entrainer par leurs propres ambitions.

D’autre part, la guerre des communiqués et les batailles par rébellion interposée ne font qu’apporter une bouffée d’oxygène au régime essoufflé de N’djamena. Par conséquent, les journaux en ligne favorables à l’opposition doivent être responsables en respectant une certaine déontologie journalistique et non pas sombrer dans la dérive de la désinformation comme le font les médias progouvernementaux dont le rôle est d’inonder la population de propagande et de chanter les louanges de leur maître à chaque incursion rebelle. Par conséquent, il est très important de s’assurer de la fiabilité de l’information avant de la mettre en ligne. Autrement dit, la crédibilité du site en pâtira et la cause défendue avec.

Certes, nous avons déjà mentionné la nécessité de l’unification de l’opposition armée dans nos précédentes interventions, mais malheureusement les principaux acteurs de la lutte armée ne semblent pas être au rendez vous, en dehors de quelques accords de façade qui se font et se défont en fonction de la température sur le terrain. Ce qui donne l’impression que la philosophie actuelle de la rébellion n’est pas loin de celle de M. Deby qui se résume comme suit: « C’est moi ou rien ». Cette stratégie n’est pas la bonne méthode car elle entraine une perte inestimable des vies humaines dont le pays s’en passerait bien volontiers.

Compte tenu de la crise de confiance qui se profile à l’horizon, bien qu’il n’est pas facile de trouver un consensus dans l’état actuel des choses, il est de la responsabilité des dirigeants actuels de se transcender, voire se faire harakiri, pour trouver un compromis. Après tout, ce qui unit les Tchadiens est plus important que ce qui les divise. Il est temps que tous ceux qui s’obstinent dans cette voie sans issue sachent que l’ère où certains décident et les autres suivent bêtement est révolue à jamais. En dehors d’une solution nationale, tout autre schéma concocté sur des bases ethniques ou autres est voué d’avance à l’échec et ce, même dans l’hypothèse où l’un des groupes parviendrait à chasser tout seul le régime de N’djamena.

Ahmat Abakar Haggar,
Ahamat1968@hotmail.co.uk


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