TCHAD: La démonstration de Nicolas SARKOZY – 20minutes

« Une série américaine ». C’est ainsi que Jean-Claude MAILLY (Secrétaire Général du syndicat FORCE OUVRIERE) a qualifiée « l’expédition-express » de Nicolas SARKOZY au TCHAD, en vue de récupérer un certain nombre de ressortissants français et européens, suite à « l’affaire ARCHE DE ZOE ».

C’est effectivement un véritable feuilleton que nous avons suivi par médias interposés depuis dimanche en fin de matinée, jusqu’à maintenant.

Le Président SARKOZY s’est d’abord envolé pour le TCHAD, afin de libérer les journalistes inculpés aux même titre que les humanitaires, alors qu’ils ne faisaient que couvrir l’opération « d’extraction » des enfants, menée par l’ARCHE DE ZOE. Puis nous apprendrons qu’après une escale de trois petites heures, ponctuées par un entretien et une conférence de presse avec le Président tchadien Idriss DEBY, l’avion français repartira aussi avec les quatre hôtesses de l’air espagnoles, jusqu’à présent retenues pour « complicité d’enlèvement ».

Au delà de la protection légitimes des ressortissants français et espagnols, simples témoins ou « complices involontaires » de la désastreuse opération de l’association, « l’expédition SARKOZY » constitue un excellent « coup » médiatique, tant pour le Président français (qui fait de nouveau preuve, après l’épisode lybien, d’une efficacité diplomatique « redoutable), que pour le Président tchadien qui, après avoir fait preuve d’une « sainte colère », montre au devant de la communauté internationale, qu’il sait aussi faire preuve de clémence.

La justice tchadienne, qui fait état de « pressions intenses » de la part du pouvoir exécutif, afin d’obtenir la libération sans conditions des prisonniers, ne partage pas le soulagement des autorités françaises, et fera tout pour retenir les membres de l’association jusqu’à leur jugement. De même, la population tchadienne varie entre colère et incompréhension, face à ce qu’elle perçoit comme étant une violation manifeste de sa souveraineté.

La « sécurisation » du régime du Président DEBY, semble avoir été au centre des négociations entre la FRANCE et le TCHAD. Après avoir « sauvé » le régime tchadien des assauts « rebels » il y a encore quelques mois, la FRANCE ne s’opposera certainement pas au déploiement prochain de la force européenne visant à renforcer le pouvoir en place.

Le froid pragmatisme diplomatique de Nicolas SARKOZY aura donc de nouveau permis un premier déblocage aussi spectaculaire qu’inattendu, d’une situation particulièrement épineuse. Se pose donc la question, qui sera certainement au centre des débats de la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire lybienne: « une remarquable efficacité, mais à quel prix ? ».


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