Y a-t-il une intelligentsia tchadienne ?

A l’instar des questions de leadership politique qui se posent chez nous et l’absence incommensurable de solution durable, il me semble aujourd’hui pertinent de se poser la question existentielle de l’intelligentsia tchadienne.

L’intelligentsia qui se définit comme étant un ensemble d’intellectuels brillants que constituent un pays, est-elle présente au Tchad ou sinon est-elle vraiment représentée au sein de la diaspora tchadienne à l’étranger ?

A mon sens, la nomenklatura au sens de vivier de l’élite politique n’existe pas au Tchad à proprement parler en dehors de quelques esprits éclairés qui restent assez marginaux et exerçant leurs activités avec des mains liées.

Il me semble utile de savoir si aujourd’hui il la relève du pays est en place ou alors elle serait en train de venir parce que de l’absence ou de la présence d’une élite intellectuelle dépend l’avenir d’une nation et d’un pays entier.

Je constate avec amertume et désolation que par les temps qui courent, il n’existe parmi nous que de pseudo-intellectuels à peine instruits et cultivés qui pour flatter leur égo, nous rabâche les oreilles à longueur de journée et d’articles que par des aberrations et de critiques négatives.

J’ai comme l’impression que les prétendus intellectuels tchadiens surtout ceux de l’étranger, excellent dans le triste rôle de donneurs de leçons et de moralisateurs incapables d’aborder les vraies questions de fond et se targuent de nous servir que des analyses dénuées de réflexions en profondeur.

Ils prétendre être des spécialistes de toutes sortes de sujets, sans avancer la moindre idée constructive qui tienne la route et mériterait d’être intelligemment débattue.

Ce que moi j’attends de nos quelques esprits éveillés, c’est d’être une véritable machine de réflexion, une force de propositions concrètes et de réformes viables. Aussi, une élite si elle existe, elle ne doit pas que parler politique politicienne, mais parler Droit, Economie, Histoire, Sciences, Finances, bref des sujets dépassant les considérations personnelles et les enjeux de pouvoirs. J’aimerai qu’ils participent au débat international, à l’impact de crises qui secouent le monde dans nos pays en Afrique et surtout commencer par dessiner les contours des répliques et positions que nous pouvons adopter afin de les anticiper car pour nous également le choc peut être désastreux.

Des fois, quand je vois et je lis avec consternation quelques petits diplômés tchadiens, soi-disant futurs cadres du pays, je relève qu’ils tiennent tous de discours de présidentiables sinon de ministrables tellement qu’ils aiment le pouvoir et qu’ils se voient tous demain président du Tchad.

J’ai envie de leur répondre qu’ils peuvent être bien utiles et servir avec dévouement leur pays sans faire de la politique. Doit-on leur souligner que n’importe qui ne devient pas président : il faut avoir de la carrure, de l’expérience, des compétences et surtout une vision pour le pays. Un séjour parmi les rebelles ou un séjour à Paris ne fait pas de tout le monde présidentiable.

Ne soyez pas pervertis par les idées de certains leaders politiques qui ont souvent brillé tristement par leur médiocrité reconnue par tout le monde.
Enfin, inutile de préciser qu’une élite, elle se construit par des idées, des débats fructueux, des convictions fortes et une vision partagée.
Alors, l’intelligentsia tchadienne force de suggestions et lieu d’effervescence intellectuelle, on l’attend toujours et visiblement elle n’est pas encore sortie de l’auberge.

Sénoussi Hassana,
Etudiant tchadien en France


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