Réaction à l’article de Ngoussou Félix : Cher Félix, le patriotisme oblige !

J’ai lu vos écrits sur la sociologie tchadienne aux aboies : L’Esprit Critique prisonnier des conditions imposées par le ventre. J’ai reçu après lecture un serrement au cœur. Et je suis loin de vous répondre en vue d’envier vos beaux yeux. Tu as débridé des vraies plaies qui grignotent notre Tchad. Les plaies, qu’expressément, même les grands esprits appelés à guider les illettrés, tronquent les sincères réalités pour des intérêts comme si le Tchad est condamné à être partagé comme un gâteau sur cerise.

L’histoire demeure une tare ineffaçable. En faisant la lumière pour corriger, on vous jettera à la figure : « aller vivre les réalités sur le terrain que de vous morfondre en lâche ailleurs ». La force et la violence sont ainsi brandies pour tout dissuadé et dissimulé. Or, sur le terrain, toute bouche est bâillonnée par la peur, la terreur d’être agressé, persécuté et tué comme un animal sauvage qu’on tuait aux siècles obsolètes. Du fait que le nom de Déby, prononcé simplement ou exploité à dessein, panique ou donne du tournis à blanc. Parce que Déby est l’incarnation de la mort potentielle. On a besoin de la pratique de la sociologie tchadienne pour comprendre qu’une société doit humainement vivre en harmonie.

Avant d’achever un cursus du premier cycle universitaire, j’étais passé à l’école normale d’instituteurs. De ces différentes formations, j’ai eu à enseigner toute les classes, de tous les niveaux ; du primaire au secondaire, c’est-à-dire du CP1 en terminale, à l’école « Les étoiles brillantes » (chaque renouvellement du contrat d’enseignement se faisait par an à travers un test pratiquement démontré devant les responsables de l’école, conseillers pédagogiques tant étrangers qu’expatriés et les résultats délibérés en public) avant d’être intégré à la Fonction publique.

Affecté à Abéché, et pour la première fois, qu’un préfet, sultan, responsable du noble lycée franco-arabe m’intiment l’ordre de ne pas attribuer 5 comme note aux élèves. Cette tradition serait transmise par le régime en place. Une seule initiative et révolution éducative sont gouttes dans la mer. J’étais recroquevillé par manque de soutien du à la sauvegarde de la peau.

Autorités politiques, administratives, militaires, scolaires et traditionnelles confondues sont naturellement embarquées dans de comportement peu orthodoxes, cultivant ainsi la politique planifiée et conclue sur de critères de mystères. A l’aveuglette pendant 18 ans, la promotion de la gente féminine et son quota, le copinage, le parrainage, le marchandage, les notes sexuellement transmissible ont dangereusement affecté le recrutement des candidats aux concours d’entrée dans les ENI et l’ISSED. Comment fera-t-on pour donner de bons résultats ?

A l’organisation du bac, ces précitées, distribuaient des corrigés des épreuves soumises aux candidats par salles et par élèves. Ma réaction a été rapidement honnie et vomie. J’ai démissionné de la surveillance et de la correction du bac devant le chef du centre, un militant des droits de l’homme que je requiers l’anonymat par respect au péril de sa sacrée future vie.

En plein reportage pendant les élections du 20 mai 2001, on m’arrête et j’ai du ma vie sauve grâce aux militaires français basés à Abéché par le biais des amis militaires envoyés pour m’exécuter.

Nous avions tous, entre autres, contribué à la déchéance par manque de la rescousse de cette sociologie tchadienne, laquelle est l’héritage dans la chaîne de la sinuosité de médiocrité entretenue par des fins médiocres.

De mes activités, de mon métier d’enseignant, aujourd’hui, je me plaints larmes aux yeux pour la génération future ayant l’obligation incontestable de conduire la destinée du Tchad de demain. Sociologie, pilier de la société, et partant d’autres disciplines, englouties dans l’idée médiévale… Il ne nous reste plus qu’à pleurer notre sort et le sort de nos enfants dont notre secours ne se fera pas et jamais visible par peur, peut-être par lâcheté.

Actuellement, mes élèves qui vont étudier sous d’autres cieux, je me dis intérieurement que l’après Déby aura une palette de toute une vie précaire, d’équation difficile à résoudre, et à refaire, et à zéro ; en mettant les bouchées doubles (pas de moindre pour ceux qui sont habitués à la facilité ; comme un général analphabète qui gagne sept fois plus qu’un médecin sans compter d’autres prérogatives). Pensez-vous, Félix, que ce dernier arrivera à penser, un seul instant, d’un changement équitablement bénéfique à tous, et aimera qu’on écrive sur ses bêtises ?

Deux vaut qu’un. Entre nous, que nous soyons hors de la planète, orgueilleux du patriotisme, aimant son pays, nous sommes des obligés par patriotisme, contraint par l’amour de notre cher pays, à agir, ne serait-ce qu’avec la plume, le volant idéal du dialogue des hommes modernes, progressistes, transformistes, entreprenants, révolutionnaires d’idées aux contradictions de débats politiques, etc.

A qui veut évoluer doit aimer les contradictions. La vérité a une odeur.

Ereck Dinar
erecko1@gmail.com


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