Tchad : N’Djamena ou la chronique d’une persécution sociale de masse

Un grand crime contre la population tchadienne se perpétue aujourd’hui sous l’œil bienveillant des défenseurs de droits de l’homme. Ceux qui s’intéressent à tort ou à raison aux responsabilités des dirigeants africains dans le désastre social des populations ont en plus du cholera zimbabwéen les expulsions illégales des paisibles citoyens tchadiens de leurs foyers. Il y a quelques mois, c’est tout une population, celle du quartier Gardolé qui a été jetée à la nature extra juridiquement et le lieu historique entièrement rayé de la carte de N’Djamena.

Au moment où ces lignes sont écrites, ce sont des milliers d’individus et de familles qui errent aux environs de N’Djamena, sans moyens et exposés à l’insécurité et aux difficultés afférentes au déséquilibre socioéconomique de notre capitale. En effet, les ex habitants de Gardolé constituent une catégorie sociale assez modeste et sans relais représentatif dans le système politico-mafieux où tout caractérise l’absence de l’Etat entant qu’entreprise d’intérêt général.


D’abord, durant ces processus de folie politique, les pauvres citoyens, quoique ne croyant pas trop à la justice après la comédie politico-judiciaire de l’Arche de zoé, s’étaient adressés à l’arbitrage des juges qui ont invalidé par plusieurs décisions cette guerre antisociale que mène le ‘’Maire’’ de N’Djamena contre ceux qui ne demandent qu’à vivre tranquilles chez eux. La justice avait donc souverainement invalidé l’argument de recouvrement des réserves d’Etat qu’avancent les dirigeants tchadiens pour ses actions d’expulsion des familles de leur environnement urbain. Ce mépris des citoyens et des principes de l’Etat de droit confirme incontestablement l’existence au Tchad d’une dictature obscure qui persécute les populations. Des personnes, apatrides, sans foi et ni loi.

Cette conquête illégale de l’espace continue et prend d’autres tournures. Il s’agissait pour la bande au pouvoir de spéculer sur l’enjeu immobilier et financier que constitue Gardolé situé au centre de la ville. Sentant la fin de leur règne, dorénavant les dirigeants multiplient des grands travaux générateurs des blanchiments d’argents sales et autres trafics financiers à travers des marchés de complaisance.

Depuis novembre 2008, le ‘’Maire’’ de N’Djamena et ses amis s’attaquent aux populations des quartiers Est de la ville et notamment Diguel dont les habitants sont particulièrement visés. Notons que cette fois ci aussi, la justice a eu la possibilité de dire la loi en invalidant les décisions gouvernementales (voir tchadactuel.com, ordonnance de réfère Cour suprême). Or, le régime de N’Djamena poursuivait un but politique pour atteindre l’ancien Président Alhadj Hissein Habré en détruisant son domicile. La dictature A ces raisons juridiques s’ajoutent d’autre d’ordre démocratique.
Malgré ces décisions juridiques et la mobilisation des plusieurs personnalités intellectuelle et morale, ce quartier historique de n’djamena a été railler de la carte, et ses populations abandonnées à la merci de l’errance dans cette capitale aux conditions sociales précaires.

Le lecteur peut s’interroger sur les guillemets entourant le mot ‘’Maire’’. Eh bien, il n’en est pas un à N’Djamena. Celui qui exécute cette politique aux ramifications lointaines et mafieuses n’a jamais été élu Maire par ceux qu’il touche jusqu’à leur milieux intimes. S’il y a une chose plus éloquente pour démontrer le manque d’idéal démocratique minimum chez le régime d’Idriss Deby Itno, c’est justement le refus d’organiser des élections municipales, après l’exploitation du pétrole et 18 années de pouvoir. Ces consultations sont celles qui sont les moins couteuses et incontournables dans le développement d’une vie démocratique. Ce sont surtout le mépris du peuple et de l’idéal démocratique et non plus les moyens qui font que le Tchad est le seul pays au monde où les Maires sont encore nommés par décret présidentiel. C’est cette façon qui permet au système de maintenir notre peuple hors des enjeux déterminant la vie politique. Les élections municipales dans nos villes les chefs de quartiers et autres boulama reconnus pour leurs sacrifices collectifs concurrenceront certainement sur le plan électoral… ce régime perverti les corps représentatif comme les sultanats et autres chefs traditionnels.

Ces individus agissent sans aucune légitimité. Et il y aura un jour où des comptes leur seront demandés. Il est temps de mettre le respect des citoyens au cœur de la politique. Nous saluons l’inscription de l’élevage et de l’agriculture au centre des préoccupations de la prochaine transition. Le pays profond est d’abord nos campagnes et leurs activités agropastorales et les préoccupations locales des citoyens. Et par la même occasion, nous tenons à saluer toutes les démarches entreprises par la résistance nationale.

Nous espérons de tout cœur que la capacité du compromis et l’amour de la patrie seront sur le podium, et à l’issu de cette assise noble, nous parviendront à propulsé la détermination et une visée pionnière pour laquelle le peuple tchadien portera son ultime soutien pour un véritable changement.

Vive la République du Tchad.
Mahamat DJibrine Haroun
Mahamat Adam Sultani


Commentaires sur facebook