Pétrodollars convertis en armes. Quel gâchis ?

Le peuple Tchadien aurait voulu que ces milliers de chars et d’hélicoptères se transforment en tracteurs, que ces milliers de containers bourrés de mitraillettes soient convertis en vivres, que tous ces immeubles somptueux qui poussent comme des champignons tant au Tchad qu’à l’étranger se transforment en écoles pour l’éducation de nos filles et fils, en centres hospitaliers pour la santé de tous ou en habitats sociaux pour le bien de nos populations. Ah ! Si tous ces milliards qui emplissent les banques suisses et partout ailleurs pouvaient servir à développer les secteurs de santé, d’éducation, d’infrastructures, d’agriculture, d’élevage…, pour le bonheur de ce peuple meurtri !

Il suffit de faire tout simplement un tour d’horizon pour s’apercevoir que le monde entier est inquiet, très inquiet de ce qui arrive. Je veux parler de la crise financière mondiale qui fait trembler de peur, même les puissants de ce monde. A cela s’ajoute la problématique de la sécurité et la souveraineté alimentaire qui préoccupe particulièrement les pays africains, ces derniers temps. Tout le monde s’accorde à dire qu’il faille trouver immédiatement un remède pour pallier à ce mal qui gangrène anormalement ce continent. Les hommes politiques, les ONG qui oeuvrent en faveur de la lutte contre la faim, les médias et que sais-je encore, se penchent sur cette question et travaillent à ce qu’elle soit solutionnée. Un atelier de formation des journalistes de l’espace francophone vient de se dérouler du 15 au 17 décembre 2008 à Cotonou au Bénin sur le thème « la Problématique de la Sécurité et la

Souveraineté Alimentaire » mais grande a été ma surprise d’apprendre que notre pays n’a été représenté par aucun journaliste pour quelle raison, Dieu seul sait. Alors que le développement de ce thème concerne beaucoup le Tchad.

Force est de constater que le gouvernement tchadien reste aussi insensible au point de laisser mourir nos populations de faim alors que la valeur d’un seul char de combat suffit pour sauver tout un village tchadien. A l’heure où nous sommes, en mois de décembre, juste deux mois après les récoltes au Tchad, un kilo de mil coûte près de mille francs (1000Fcfa). Que deviendront les Tchadiens en mois de juin, juillet et août ? Pourquoi tout cela doit-il arriver alors que les barils de pétrole continuent à couler, faisant de milliards ? Où partent ces milliards ? Jusqu’à quand ce peuple continuera-t-il à croupir sous cette misère noire ? Qu’a fait ce peuple à Dieu pour mériter toute cette souffrance ?

Sans ambages, disons-le : « Les Itnos, sont la cause de cette misère » ! Cela constitue une réalité indéniable et nul Tchadien, aujourd’hui, ne saurait dire le contraire. Je me ferais le devoir de leur poser ces petites questions : croient-ils en l’existence de Dieu ? Pensent-ils du moins à éventuel jugement dernier ? Pour qui, en vérité, se prennent-ils ?

Là où le bât blesse, Déby fait croire aux Tchadiens et à l’opinion internationale qu’il veut faire de N’Djaména la vitrine de l’Afrique centrale. Ironie du sort ! Vitrine par rapport au BET ou par rapport à quel pays d’Afrique centrale ? Tout le monde sait que Déby règle le compte de ceux qui ont eu le malheur d’ovationner les rebelles en février dernier. Mais c’est tout le monde qui, pour exprimer son ras-le-bol, a applaudi ces frères (et non les rebelles) pour le changement qu’ils prônent ! En réalité, hormis sa petite famille et les bouffons qui l’entourent, IDI sait qu’aucun vrai Tchadien ne l’aime. Non, les raisons de cet acte odieux se trouvent certainement ailleurs. Déby n’a plus d’espace pour stocker ses chars et hélicoptères, il casse les maisons de tous ces pauvres pour en faire un garage des engins de mort ou simplement un ring pour les prochains affrontements qui se pointent à l’horizon.

Aussi dirai-je qu’il est poussé par son cœur de vipère pour maltraiter, par pure méchanceté, les innocents.

En effet, le développement n’est point une course olympique. Il nécessite une réflexion de fond et une préparation préalable. Tous ceux qui ont fait au moins un petit tour dans certains pays d’Afrique peuvent démontrer le contraire de ce que fait ce démon. Et tous ces pays qu’il veut concurrencer n’ont pas fait autant de mal à leurs citoyens pour aboutir à ce développement. D’ailleurs, dans l’état actuel des choses où plane une inquiétude totale dans la tête de Tchadiens à cause de la guerre, le moment n’est pas opportun pour déclencher ce que Déby qualifie de « Développement ».. Il doit, avant tout, régler les conflits avec ses belligérants.

Parlant de ces divergences, Idriss Déby Itno, sans se voiler la face, doit se laisser conseiller par son poulain François BOZIZE qui vient de marquer un but sur lui. Installer au pouvoir par Déby – tout le monde le sait – BOZIZE est arrivé à poser, sur sa propre initiative, un acte hautement démocratique et salutaire pour le peuple centrafricain. Or, quoique cette proposition ait été faite plusieurs fois à Déby par ses adversaires politiques, une voie sine quoi none pour sortir ce pays de l’ornière, notre redoutable dictateur dit niet.

Comme à l’accoutumée, Déby qui ment comme in respire, dans deux jours, formulera encore des vœux mensongers aux Tchadiens.. S’attendra-t-il à ce que les gens le croient toujours ? Les imbéciles ne changent pas dit-on… Mais l’histoire aura, tôt ou tard, son mot à dire.

Quant à moi, je formule mes vœux de paix, de santé, de consolation à tous mes frères et sœurs. Que Dieu nous sauve de la faim et de l’insécurité fabriquées de toutes pièces par les Itno. Rien n’est éternel.

MBANG-ODJIM Stéphane
mbangodjifal@yahoo.fr


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